Aujourd’hui, arrivé en milieu d’après-midi au
Salon du Livre de
Paris.
Halte au stand de La Table Ronde, pour acheter le dernier
numéro de décapage. Pour le même prix, j’ai eu le droit de repartir
avec un numéro de mon choix : commerçante, la dame qui s’occupe de ce stand. Et
avec ceci (mais payant lui), le premier roman de Jean Freustié, Ne délivrer
que sur ordonnance, à la petite vermillon. J’en ai profité pour demander –
à tout hasard – le roman de Jean de La Ville de Mirmont, Les Dimanches de
Jean Dézert, qui se montre rarement en librairie… et ici aussi
indisponible. Mais l’on m’indique les Editions Cent Pages, qui proposent une
édition remarquable de ce roman génial (enfin j’espère bien) mais trop peu
connu.
Direction le stand des Editions Cent Pages : achat du roman
génial mais trop peu connu, et aussi des Greguerías de Ramón Gómez de
la Serna, un auteur portugais pour un recueil de fragments littéraires qui
m’intriguait depuis que j’en avais entendu parler dans le premier hors-série de
Transfuge (vous savez, ce bimestriel anciennement consacré aux
littératures étrangères et récemment grimé en magazine kulturel, pour
séduire les gens, cette engeance qui aura ma peau). Ajoutons à cela que les
Editions Cent Pages proposent des livres d’une très belle tenue, avec une
typographie, une maquette et une ligne éditoriale atypiques. Cela ne peut que
me réjouir.
Pause dans un espace Pause lecture (comme il se doit), avec mes
livres et des marque-pages (mais qu’en faire ?). Feuillette mes deux numéros de
décapage, lis les nouvelles de Constance de Buor et d’Arnaud Dudek
(Jeune fille déjà lue sur jicsvb, pour le coup relue).
Note une belle phrase dans ma tête, que je ne retrouve pas, j’ai l’air malin.
Fin de la pause.
Acheté Chez P*** macaron au café et café, l’un cartonneux et suintant,
l’autre servi dans un gobelet guère plus grand qu’un dé à coudre ; 5 € le tout,
dégusté sur une chaise pliante en attendant la conférence de 17h30 «
Dans les coulisses de l’édition. Le best-seller : divine surprise ou
savante fabrication. » Cela me rappelle que je n’aime pas le café,
allez savoir pourquoi. En tout cas, pour une maison de qualité fondée en 18**,
on repassera.
La conférence donc. Animée par une femme que j’ai l’impression de voir à
chaque fois que j’assiste à une conférence (elle doit être livrée avec les
chaises pliantes et les micros). Elle fait parler Teresa Cremisi (Flammarion),
Isabelle Laffont (Lattés), Alexandre Wickham (Albin Michel) et Anne-Marie
Métailié (des éditions du même nom, vous l’auriez deviné). À part Alexandre
Wickham, qui fait l’erreur d’arriver sur l’estrade avec une veste boutonnée au
premier bouton en partant du haut (grave faute de goût, même GQ vous le dira), tout va pour le mieux.
Les uns parlent, les autres écoutent, jusqu’au moment où la situation s’inverse
pour le quart d’heure sacré des questions du public. C’est là où je pars.
Il est 18h15. J’essaye de me perdre dans le dédale des stands, y réussis
très bien, essaye de me retrouver, c’est un peu plus compliqué.
Il est 19h00. Stand du Diable Vauvert. Dédicace express,
pour une amie, la meilleure, du dernier livre de Louis Lanher, un recueil de
nouvelles au titre étonnant mais vrai : Ma vie avec Louis Lanher.
Début de la nocturne, les bouteilles de champagne sautent les unes après les
autres, les gens viennent tous d’un coup. Soudain, la foule fait corps et
évolue comme un banc de maquereaux suspendu aux errements erratiques d’un micro
qui la nargue au bout de sa perche. En dessous, Bertrand Delanoë et une pluie
de flashs.
Je m’éloigne et repars de ce salon. Pas d’alerte
à la bombe, ni de
plafond qui tombe sur les têtes. Quelques livres en plus pour ma pile. Des
marque-pages pour les habiller. Et des nuits blanches pour déchiffrer des
lignes noires, en écoutant Radiohead.
P.S. : la phrase notée puis perdue était : « Une histoire d'amour au dénouement
vraiment poétique ne s'achève pas par des excuses, un pardon ou une enquête sur
ce qui a mal tourné - l'option saint-bernard, avec bave et paupières tombantes
-, mais tout simplement dans un silence digne. » in
La physique des
catastrophes, de Marisha Pessl (Gallimard). Finalement, c'est à la fois
con et mignon, mais pas une si belle phrase que cela, d'où la perte. Lâchons du
lest sur nos citations, seules les meilleures resteront.