
Cela commence par un billet inoffensif, puis se finit par le même, légèrement édulcoré
d'une hypothétique charge subversive. Entre les deux, la fermeture temporaire
du blog d'Anne-Sophie Demonchy, La
Lettrine. Entre les deux, un hébergeur frileux qui obtempère à tout "abus
signalé". Entre les deux, une "agence littéraire" qui n'a visiblement rien
compris aux bases de la communication.
Pour avoir dénoncé une pratique inadmissible (la perception par l'agent
littéraire de la petite somme de 900 € pour son travail, quel
qu'en soit le résultat), Anne-Sophie Demonchy fut victime d'un chantage à
la "procédure pénale" si elle ne modifiait pas le billet incriminé, avec entre
temps fermeture du blog par l'hébergeur, réouvert sous la condition que ledit
billet soit modifié.
En décodé, cela s'appelle de la censure et illustre les limites de la
liberté de parole sur Internet, prise en tenaille entre des maniaques de la
gâchette juridique et des hébergeurs qui n'ont aucunement envie de jouer un
rôle de médiateur entre le plaignant et l'accusé.
Finalement, le billet a été réécrit, le blog réouvert. Mais, désormais, tout
le monde est au courant.
Liens :
François Bon, le tiers livre : couperet sur la
curieuse.
Mandor, Les chroniques de Mandor :
Un blog bloqué... censure ?
Wrath, Wrath : Agence littéraire
: prière de se taire.
Marc Pautrel, Ce métier de dormir :
Une agence littéraire fait suspendre un blog.
B. Renaud, Tache aveugle : Silence, on arnaque.
tef, Lafeuille : Les
blogs toujours sous la menace.