L'Idiot du Village

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vendredi 28 mars 2008

Les Nouveaux Caractères

Prix Jean Freustié et Prix Roger Nimier 2001, Nos vies hâtives est un roman polyphonique qui s’agence comme une mosaïque dont il faudrait s’éloigner de quelques mètres pour en saisir toute l’ampleur.

Charles Dantzig, dans chacun des chapitres qu’il construit à la manière des pièces d’un vaste puzzle, s’attache à raconter une histoire apparemment fermée sur elle-même, comme une nouvelle indépendante de ses voisines dans un recueil. Mais plus on progresse dans le livre, plus on se rend compte que tout est lié, de ces liens lâches et fragiles que nos existences tissent et lancent au hasard des rencontres et des circonstances, élaborant à notre insu une nouvelle comédie humaine. Ainsi, les vies hâtives que l’on croise au détour d’une page peuvent se retrouver un peu plus loin, simplement évoquées ou vues sous un autre angle, et interpellent de nouveau notre perception pour bousculer ses perspectives.

D’ailleurs, de vies, il s’agirait plutôt de tranches de vies, arrachées par le scalpel de l’auteur à l’incessante ronde de notre monde moderne, fuyant toujours plus vite en avant la peur de l’ennui et du silence. Si le titre n’avait déjà été pris, le livre aurait pu s’appeler Les Caractères, tant il est vrai que Charles Dantzig s’y exerce dans un enthousiasme évident à son sport favori et croque avec plaisir, et même voracité, ces vies aux caractères et aux personnalités aussi diverses que complexes. Dans sa finesse d’analyse, l’auteur a le bon goût de ne jamais vouloir proposer d’explications absolues et nous laisse la marge de manœuvre nécessaire pour lire entre les lignes et penser ; c’est si rare de nos jours, un livre qui nous laisse penser…

Nos vies hâtives condense en un joyeux précipité beaucoup de singularités de Charles Dantzig : son écriture imagée qui invoque des trésors d’originalité pour donner à voir un monde parallèle, le sien ; la nécessaire gaieté pour survivre aux souffrances d’une vie et supporter la médiocrité qui nous environne et nous menace, heureusement compensée par des fulgurances de beauté (en ce sens, Charles Dantzig peut être vu comme un humaniste déçu par l’humain, mais qui lui conserve malgré tout ses préférences) ; son érudite cinéphilie qui nous propose de profondes réflexions sur l’art, donc le roman ; enfin, malgré des histoires hachées qui morcellent un peu notre progression dans le livre mais brisent la linéarité de la narration, un plaisir de lecture jamais démenti.

  • Nos vies hâtives, de Charles Dantzig, Le Livre de Poche, 5,50 €.

mercredi 19 mars 2008

Comme un vol de chauve-souris sous un soleil au zénith


Lire la nouvelle inédite d’Etgar Keret, La Piqûre, dans le dernier numéro du Magazine Littéraire, puis une autre, Pudding, en ligne pour les seuls abonnés sur le site internet du magazine, a rappelé à moi les puissants souvenirs de ma lecture du très bon recueil de nouvelles de l’auteur, Crise d’asthme (Actes Sud).

Même style ramassé sur lui-même en des phrases ciselées dans la concision et la simplicité, même atmosphère prégnante d’onirisme latent et de fantastique absurde, et toujours à fleur de page, cette mélancolie qui cohabite dans l’humour avec les plaisirs simples – voire ordinaires – de la vie, seule digue connue contre la fatalité dégoulinant de pathos (avec le bal des Pleureuses au balcon et sous les arcades ombragées, chantant derrière leurs voiles la complainte des grands malheurs). Ce livre est comme un vol de chauve-souris sous un soleil au zénith, improbable mais tellement réel qu'on y croit.

Plus de deux ans après sa lecture, ce recueil m’habite encore et m’invite à le relire. Reste à le retrouver…

  • Crise d'asthme, d'Etgar Keret, Actes Sud, 7,50 €.

dimanche 24 février 2008

C'est l'histoire d'un écrivain qui devient un jour président

Voici le premier roman de Charles Dantzig, publié en 1993 aux éditions Les Belles Lettres : Confitures de Crimes. Le titre est emprunté à un vers de Henry Jean-Marie Levet : Le soleil se couche en confitures de crimes.

C'est l'histoire d'un écrivain, Frédéric Marcassin, qui devient un jour président de la République. Ayant un peu trop lu Félicien Marceau (le livre lui est dédié), et notamment L'Étouffe-chrétien et La Mort de Néron, il a comme modèle en politique ce tyran cabotin qui a pour nom Néron. Il profite qu'il loge à l'Élysée pour procéder en France à quelques ajustements : suppression de la télévision et de la radio, taxation sur les lieux communs, refonte complète du programme éducatif, diminution drastique du pouvoir législatif, etc. Cet écrivain qui préside est un pédant, au sens où son enthousiasme pour ce qui lui tient à cœur (la littérature !) le transporte rapidement vers le dithyrambe ou - au contraire - la critique assassine et péremptoire. Au demeurant c'est aussi un assassin, il rétablit même le doux spectacle des exécutions publiques : c'est dire si l'homme a du goût.

De Néron, il a la logique poussée à son paroxysme, alliée à un don réel pour la comédie : c'est elle qui lui permet de régner sous ses allures de roi fou (oui, il rétablit aussi la monarchie : il était grand temps). On ne le prend pas au sérieux (pensez donc : un écrivain !) : il en profite pour tout se permettre. Il détruit les rites qui aliènent l'intelligence des hommes, se moque du protocole et raille l'image du pouvoir. A la fois roi et fou du roi, ce bouffon tire son irrévérence à la face du monde et décore de l'ordre du poireau tous ces petits qui rêvent d'être grands. Il ne recule devant rien, pas même devant une guerre contre l'Union Européenne : c'est que sa volonté a raison de tous les obstacles imaginaires que les indécis dressent d'habitude entre leur désir et sa réalisation. Son caractère ambitieux et volontaire fait d'ailleurs beaucoup pour le charme de cet homme fantasque.

Charles Dantzig se livre à une satire en règle du pouvoir, façon Voltaire (il est donc optimiste : il pense que l'homme peut s'améliorer - ou fait comme si), mais son ironie n'est pas méchante : elle s'envole vers la gaieté, masque de la tragédie avec qui elle danse une gigue de tous les diables. L'auteur se livre ainsi à la virtuosité de l'écriture gaie et emporte avec lui son lecteur, séduit par tant de bonne humeur. On applaudit.

  • Confitures de Crimes, Charles Dantzig, Les Belles Lettres, 18,29 €.

jeudi 21 février 2008

L'imagination est-elle une science exacte ?

Je poursuis ma période Charles Dantzig. Aujourd'hui, L'imagination est une science exacte, livre d'entretiens entre Félicien Marceau de l'Académie française et Charles Dantzig : du premier je n'ai rien lu, du second un peu plus. Le tout est passionnant.

Charles Dantzig explore l'œuvre de l'Académicien à qui il dédia son premier roman, Confitures de crimes. Il y a dedans du roman et du théâtre. Vous avez peut-être, malgré vous, vu l'adaptation d'un des livres de Félicien Marceau, à la télévision ou au cinéma. Mais si, rappelez-vous : Le corps de mon ennemi, avec Jean-Paul Belmondo jouant au Comte de Monte-Cristo. Je ne résumerai pas ici la bibliographie de notre Immortel, sachez seulement qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu Félicien Marceau pour apprécier L'imagination est une science exacte, mais cela donne envie.

Ce livre, au-delà de la relecture d'une œuvre, vaut pour la conception de la littérature que les deux protagonistes ont en commun : la littérature comme réalité sensible autonome de l'autre réalité, celle que l'on nomme naïvement "la vraie vie". Un sacerdoce en quelque sorte, le dévouement à une noble cause, qui nous dépasse et nous élève. La vraisemblance d'un livre est donc un argument irrecevable pour juger de sa qualité : l'imagination et la vérité, la fiction et la réalité (ou du moins celle qui passe pour réalité), sont des notions immiscibles, des droites parallèles dans un espace euclidien. Le seul critère de jugement, la seule légitimité, c'est le talent de l'auteur, partant la beauté de l'œuvre.

Dans cet univers parallèle, le style est une manière d'être, et Félicien Marceau de citer Buffon : le style, c'est l'homme même. Aussi n'est-ce pas un ornement, aussi est-il vain de vouloir opposer le fond et la forme : ils sont consubstantiels. Que les thuriféraires d'une avant-garde en fer forgé et les contempteurs des prétendus stylistes hermético-stériles veuillent bien en prendre note. Le style en soi est un art de vivre, littérairement parlant s'entend. Je parlais géométrie plus haut : en littérature, le plus court chemin entre une pensée et son expression n'est pas la ligne droite, mais le style.

Alors oui, l'imagination est une science exacte.

mardi 12 février 2008

Le charmant petit monstre

Vous recevez une carte postale de la Côte d’Azur. Au recto : un paysage méditerranéen se balance tranquillement au gré du vent, hésite entre la pénombre des persiennes et la chaleur blanche des terrasses qui donnent sur la mer, toute proche, là-bas. Au verso : deux mots, un vers de Paul Eluard : Bonjour tristesse.

Premier roman, énorme succès : Françoise Sagan fait scandale (on est en 1954). Par sa frivolité assumée, ce « charmant petit monstre » défraie la chronique. Ce court roman est un précipité saganien : plaisir, vitesse et nonchalance.

Cécile, dix-sept ans, vit avec son père depuis sa sortie du pensionnat deux ans plus tôt. Les deux mènent une vie pétillant de plaisirs faciles et d’amours éphémères. Cet été, ils passent les vacances dans une villa louée en compagnie d’Elsa, la dernière maîtresse de ce père volage, un concentré de vacuité, mais si jeune, si belle. Bientôt, une amie les rejoint : Anne. Intelligente, subtile, sérieuse… et encore jolie. L’engrenage se met à tourner, lentement puis s’emballe. La fin est fatale. Cécile en aura été le metteur en scène.

L’histoire s’enchaîne en courts chapitres qui mettent en place un à un les éléments du drame qui se noue sous nos yeux dans cette villa blanc sur bleu : « Nous avions tous les éléments d’un drame : un séducteur, une demi-mondaine et une femme de tête. » Bien que prévisible dans son déroulement, elle n’en reste pas moins prenante par la tension psychologique qui s’installe petit à petit, étire le temps et inéluctablement le déchire :

L’élastique claque

et le tonnerre éclate

après que l’orage a grondé,

augure muet.

dit le critique qui ne sait plus quoi faire pour tourner sa critique.

Françoise Sagan lance de belles images, on en oublie la carte postale cliché. Parfois, elle démontre plus qu'elle ne montre, et c'est dommage, car sa frivolité l'oblige à attaquer par petites touches, de biais. Dès qu'elle s'éloigne de cette technique, elle patine, mais c'est si rare qu'on lui pardonne. Par contre, elle donne très bien à voir les états d'âme d'une adolescente qui découvre et l'amour et la perversité de la logique appliquée au jeu social : c'est elle qui tire les ficelles, l'une cassera. Plus que l'adolescence, c'est une époque que ce livre évoque, où les moralistes tentent encore de resserrer l'étau autour de ces mœurs qui s'ébrouent avec impatience dans l'attente de mai 68.

  • Bonjour tristesse, Françoise Sagan, Pocket, 3,80 €.

vendredi 18 janvier 2008

Surplus de l'humanité

Au jeu des chaises musicales, il y a toujours un perdant qui reste debout quand tout le monde est déjà assis ; il est là les bras ballants, interdit et un peu gauche dans son ridicule, le nez en berne vers ses chaussures. Cet homme est de trop, et Ivan Tourguéniev lui a écrit son journal en 1850 : Le journal d’un homme de trop, qui paraît aujourd’hui en poche format XXS au petit Mercure, après avoir remporté un véritable succès lors de sa première parution en France en 1863. (Mais vous devez déjà savoir tout cela si vous lisez le blog de Pierre Assouline.)

Cet homme de trop atteint la trentaine et arrive le printemps, et la certitude que son état de santé ne lui permettra pas de voir le soleil d’été mordre à l’horizon de sa vie : « Oui, je mourrai bientôt, très bientôt. Les rivières vont dégeler, et moi je m’en irai, probablement avec la dernière neige, au fil de l’eau… » Dans l’attente de cette mort qu’il sait proche, le narrateur se met à tenir un journal où il projette de raconter sa vie, qui finit par se contracter autour d’un nœud d’amertume que le temps a fini par adoucir ; l’écriture servira non pas à trancher ce nœud mais à le rendre plus lâche, pour mieux le contempler et s’y enfermer : resserrer la corde autour de son cou puis attendre le dernier soupir.

L'insignifiance de sa vie peut donc se résumer à cet amour non partagé qu'il contracta dans une petite ville de la province russe. Il crut un temps avoir trouvé la place qui le fuyait et qu'il cherchait en vain depuis toujours, avant qu'elle ne se dérobe elle aussi à son tour, soufflée sous son nez par un prince pétersbourgeois qui finalement n'en fera pas usage. L'amertume et le ressentiment, le désir et la jalousie, l'espoir et la déception sont invoqués dans le cœur de cet homme pour le tordre et lui faire pleurer toute son âme russe, si masochiste, car à force de contempler sa souffrance - même sans complaisance -, on en vient à ne plus voir qu'elle et à en oublier tout le reste, à tel point qu'elle finit par devenir une compagne de substitution.

Le fatalisme de cette vie décidément trop ironique pèse de tout son poids sur cette conscience résignée qui se recroqueville sur elle-même comme une étoile s'effondre sous sa propre gravité. La valse des sentiments est exécutée avec la rage du désespoir et nous entraîne au plus profond du lyrisme russe et du talent de nouvelliste d'Ivan Tourguéniev. Les personnages sont pris dans la tourmente des vents de l'est, ballotés un moment puis recrachés exsangues, vidés par cette torture réciproque qu'est l'amour, pour reprendre une expression de Proust.

Et notre homme de trop, sur le lacis d'encre qui le mène à sa tombe, contemple le printemps qui s'installe dans ce long dégel qui fait gonfler les fleuves. Et à mesure que les neiges fondent, ses vanités s'évaporent et le laissent prêt à prendre congé de la vie : « je dois mourir, c'est tout ».

  • Le journal d'un homme de trop, d'Ivan Tourguéniev, Le petit Mercure, 4,20 €.

dimanche 13 janvier 2008

Bright Lights, Big City


Bright lights, big city went to my baby's head.

Van Morrison

Jay McInerney frappa fort avec ce premier roman à la deuxième personne du singulier, véritable pari stylistique pour ce funambule qui ne devait jamais savoir à l'avance si le prochain pas ne serait pas le dernier. Le pari devint cependant prouesse, et le livre - un succès quand il parut en 1984 - propulsa son auteur sur les podiums de la scène littéraire nord-américaine, l'étiquette "auteur-culte" bien en évidence autour du cou.

A priori, le "tu" impose une certaine distance entre le narrateur et le lecteur au cours de l'alchimie évocatrice qui libère les images des mots qui les invoque. Mais le génie s'installe et nous happe dès la première page, pour ne nous recracher qu'une fois lue la dernière ligne du livre, quelques heures plus tard. L'effet, outre son originalité un rien tapageuse, brille par l'intimité qu'il instaure entre le lecteur et ce narrateur dont on ne sait trop s'il se parle à lui-même ou au héros (autrement dit : le "tu" interpelé par le narrateur doit-il se confondre avec ce dernier ?). De ce dialogue (intérieur ou pas, peu importe après tout), le lecteur aurait de quoi se sentir exclu : il n'en est rien, bien au contraire, puisque rarement aura-t-on été si pris par une histoire, à tel point que l'on en vient à répondre à ce tutoiement pour vivre soi-même la descente aux enfers à laquelle nous convie l'auteur.

Dans le New York arriviste des années 80, un jeune homme de vingt-quatre ans largué par sa femme tente de noyer sa déroute sentimentale dans l'alcool et la "poudre tonique bolivienne", et s'il arrivait par la même occasion à oublier l'insatisfaction de son travail au service de vérification des faits du "Magazine", on comprend que ce ne serait pas plus mal. La nuit new-yorkaise descend alors sur ce futur divorcé. Il danse bientôt dans l'effervescence alcoolisée des boîtes, suit la trace des lignes de coke enfilées aux toilettes, fuit le silence de son appartement déserté dans l'agitation des nuits sans lendemain. Hélas pourtant le jour se lève et le travail attend, mais la "Terreur" qui dirige le service n'attend pas, elle, et les retardataires n'ont qu'à bien se tenir, surtout s'ils bâclent la mission sacrée qui leur a été accordée : ne laisser passer aucune erreur, vérifier tous les faits. Bien sûr à ce petit jeu, notre chasseur de dragon* ne tient pas longtemps, et à la débâcle personnelle vient bientôt se greffer la déroute professionnelle. Et ce ne sont pas ses velléités littéraires qui le sauveront, vu que ses textes finissent tous à la poubelle ou refusés par le service littéraire du Magazine, ce qui revient au même.

Le petit monde du journalisme, la grande ville anonyme et ses vies transparentes, tout cela est croqué par une causticité décapante et jubilatoire. Le désespoir s'unit à l'ironie pour extirper du pot-pourri moderne une juste satire.

Jay McInerney décrit en peu de mots - et non sans humour - la vie de cet homme déchu qui goûte à l'amertume de l'échec, sans pour autant sombrer dans la complaisance. On saisit peu à peu l'ampleur de son mal-être dont les racines ne sont évoquées qu'avec pudeur et retenue, et c'est là tout le talent de l'auteur : il sait donner aux émotions leur juste champ d'expression et jouer avec finesse de notre instrument à cordes préféré. Cette sensibilité sera la main tendue que le héros saisira pour se relever, et sans surprise, une femme sera à l'origine de sa rédemption.

Femmes, je vous aime.

  • Bright Lights, Big City, de Jay McInerney, Editions de l'Olivier, 8,99 €.

*Techniquement parlant, "chasser le dragon" consiste à inhaler des vapeurs d'héroïne chauffée au-dessus d'une flamme, le plus souvent sur du papier d'aluminium. Ici, il s'agit plutôt de cocaïne sniffée à la paille ou avec un billet de banque : pensant renouveler un peu ma prose, je me suis permis cette licence poétique et n'ai fait que tremper ma plume dans la lie des métaphores filées concernant les paradis artificiels. Si elles sont filées, c'est à la manière des bas : à trop en abuser on les use ! On n'arrivera bientôt plus à parler de cette littérature de noctambules : insipides clichés, laissez-nous danser ! (Il s'agit certes d'une entorse à la rigueur scientifique qui m'anime d'habitude, mais bon, on n'est pas là au service de vérification des faits.) Fin de la "note de bas de page".

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