L'Idiot du Village

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jeudi 17 janvier 2008

Vingt-et-un

Le premier numéro de XXI a paru aujourd'hui. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, je rappelle qu'il s'agit d'un nouveau trimestriel d'actualité et de reportages à la Albert Londres. On en parle ici et là:

Je n'ai lu pour l'instant que le récit d'Emmanuel Carrère sur Edouard Limonov, Le dernier des possédés, qui a été "voyou à Kharkov, poète underground à Moscou, loser magnifique à New York, écrivain branché à Paris, soldat de fortune dans les Balkans et, à Moscou de nouveau, vieux chef d'un parti de jeunes révolutionnaires." En un mot : captivant.

jeudi 10 janvier 2008

XXI

Via le blog des Editions Héloïse d'Ormesson puis Rebuts de presse, le blog de Didier Jacob : découverte de XXI, à paraître le 17 janvier. Une vidéo pour patienter :

mercredi 21 novembre 2007

Du décalage de la critique

Le septième numéro du Magazine des Livres consacre son dossier à la critique littéraire et s'interroge sur sa pertinence, vue la corruption endémique (voire consubstantielle) du microcosme littéraire. Dossier maintes fois réouvert, toujours au moment de la rentrée littéraire, flot pamphlétaire peut-être bu jusqu'à la lie, tant il est vrai que plus personne n'est dupe.

Dans le cadre de cette problématique de saison, plusieurs personnalités du milieu ont été interrogées. Une réponse m'a interpelé : à la question "Vous-même, vous diriez vous critique ou journaliste littéraire ?", Christophe Kantcheff - rédacteur en chef adjoint de Politis - répond :

"Il s'agit de deux temporalités différentes dans la pratique de son travail : le journaliste par définition réagit, il doit être dans l'événement, dans l'actualité, alors que le critique a besoin de davantage de temps, doit laisser filer le temps qui passe. Il se retrouve ainsi en décalage par rapport au journaliste qui est en lui, décalage qui permet d'ailleurs de prendre en compte la réception critique, ou plus exactement journalistique."

Les blogs littéraires sont actuellement présentés comme une alternative rafraichissante à la critique établie et consensuelle. Reste à savoir dans quelle temporalité ils s'inscrivent. S'il s'agit de journalisme littéraire, on peut émettre quelques doutes à leur utilité. Un blog survit par son audience, c'est-à-dire par sa capacité à se renouveler et à tenir le rythme frénétique d'une publication quasi-quotidienne. Dès lors, la tentation est grande de ne se faire que le relai de l'actualité pour meubler le silence et nourrir son flux RSS, abandonnant par la même occasion tout le sel du blogging : la valeur ajoutée par rapport aux médias traditionnels, un avis et un ton personnels, de l'esprit critique, la nécessaire différence pour narguer l'uniformité. En fait, tout cela peut se résumer au travail de fond qui sous-tend l'architecture de tout blog sérieux. Et ce travail de fond est-il toujours présent dans les blogs que vous et moi pouvons parcourir sur la toile ? Hélas, non, pas tout le temps. Moi-même parfois...

Je me lasse de cette rentrée : encore deux trois livres en attente, et après je me mets à fouiller les coins obscurs des bibliothèques, pour colmater les brèches de la mienne.

lundi 1 octobre 2007

Lu et approuvé

« [...] un roman aujourd'hui peut posséder deux sortes d'atouts pour surnager dans le tsunami de la rentrée. Le premier : c'est un livre où un fait littéraire apparaît avec évidence (originalité, style, profondeur de la pensée, musique, etc.). On en a lu [..]. Ces livres-là existent en eux-mêmes. Mais ils ont besoin de temps pour exister auprès des lecteurs. Le temps de digérer la nouveauté, de la faire connaître (rien de mieux que le libraire et le bouche à oreille pour ça). Un temps que la mécanique du commerce ne leur accorde pas. La plupart des livres qui sortent aujourd'hui auront disparu dans deux mois.

D'où la deuxième série d'atouts dans le jeu des candidats au succès : le fait extra-littéraire. Par exemple : l'identité de l'auteur qui serait, voyons, disons la fille d'un homme politique. C'est un atout non négligeable. Si, à cela on pouvait ajouter un brin de scandale, comme, par exemple, un sujet romanesque sanglant (le sexuel graveleux étant une marque déposée de Houellebecq), ce serait mieux. Ensuite, la menace d'un procès (Houellebecq encore, Marc Weitzmann ont testé avec bonheur). Là tout de suite, ça marque des points : les pleureuses par anticipation viennent fissa crier à la censure, à l'ordre moral : c'est jackpot à la sortie des caisses. Vous remarquerez que pour ces livres-là, il n'est nul besoin de parler du contenu littéraire. C'est dommage, certes, que la place qu'ils occupent alors soit autant de moins accordée aux autres ouvrages, mais bon, pour faire aimer les livres à ces ânes de lecteurs, mieux vaut leur parler people, scandale que champ lexical. Reste que certains livres peuvent bénéficier d'une main favorable et posséder les deux sortes d'atouts dans leurs jeux. Alors ? Ben il faut les lire. Et que les critiques qui s'en plaignent fassent alors un autre métier. [...] »

Extrait de l'éditorial de Thierry Guichard, le matricule des anges n°86, septembre 2007.

Pour ma part, rien à ajouter. Et vous ?

samedi 15 septembre 2007

Nouvelle formule

Transfuge, anciennement magazine de littérature étrangère, devient à partir de ce dix-septième numéro (septembre-octobre 2007) un magazine culturel, avec donc - en plus de la littérature (plus seulement étrangère mais aussi française) - des pages consacrées à la musique et au cinéma. Le prix passe de 8,50 € à 7,50 € et l'on gagne seize pages en plus, mais au passage, on a fait la peau aux critiques de livres, limitées à leur portion congrue. La part littéraire du magazine se recentre ainsi sur les portraits et les entretiens d'auteurs, qui sont pour beaucoup dans l'intérêt que je porte à ce magazine. Cependant, dans son ancienne formule, Transfuge avait pour ambition de faire (re)découvrir les classiques de la littérature étrangère, les auteurs incontournables ou cultes, et les moins connus, alors que les trois portraits donnés en pâture aux boulimiques que nous sommes sont consacrés à des auteurs contemporains, un Américain (Jonathan Franzer) et deux Français (David Foenkinos et Christophe Ono-dit-Biot), certes pas mineurs, mais quand même : n'y a-t-il pas plus intéressant ? On se rattrape sur les entretiens, toujours très pertinents : William T. Vollmann, Mark Z. Danielewski, Éric Reinhardt... qui viennent compléter ceux qu'on a pu lire ailleurs, sur la toile ou dans d'autres journaux.

Le dossier, quant à lui, suit Frédéric Beigbeder sur les traces de Salinger, figure tutélaire pour notre trublion germanopratin. Par une série de rencontres avec des écrivains qui entretiennent un rapport étroit avec le chef-d'œuvre du maître, L'Attrape-cœurs, Beigbeder tente en effet de se rapprocher de cet ermite qui s'est retiré de la vie publique en 1953, soit deux ans après la publication de son seul et unique roman. Alors qu'il n'a plus donné signe de vie depuis 1965, Beigbeder va tenter de le faire sortir de son ermitage, une ferme au milieu des bois, près d'un petit village du New Hampshire dénommé Cornish. Si la démarche est présomptueuse, qu'en est-il de l'éthique douteuse à vouloir déranger la retraite d'un homme qui a depuis longtemps donné congé au reste de l'humanité ? N'est-ce pas d'ailleurs pour cela que Beigbeder cherche l'approbation de ses confrères au cours de ses entretiens ?

A le suivre au fil de ses rencontres aux Etats-Unis, on s'aperçoit qu'il est moins question pour lui de retrouver un maître en littérature que de se trouver lui-même (comme toujours) et de répondre à cette question : l'auteur doit-il s'effacer derrière son œuvre et disparaître de la scène médiatique ?

Quoi qu'il en soit, la réponse à la question que vous vous posez sans doute (a-t-il réussi à approcher Salinger ?) ne se trouve pas dans Transfuge, mais dans le documentaire qui a été tiré de ce pèlerinage littéraire (une co-production Rami Production et Transfuge Production) et qui sera diffusé sur Canal Jimmy le 23 septembre. Un trailer sur le tout nouveau site de Transfuge en guise d'amuse-gueule.

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