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  <title>L'Idiot du Village - Delirium bloguens</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 30 Jul 2008 18:57:04 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Le Temps mange la vie</title>
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    <pubDate>Wed, 30 Jul 2008 20:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Rétention d'encre estivale - démarrage asthmatique du dernier Amis - lecture
de la biographie de Remy de Gourmont par Charles Dantzig (préface &lt;em&gt;de
chic&lt;/em&gt; jubilatoire) - concept de dissociation des idées à découvrir - Pessoa
entamé - Bolaño toujours en &lt;em&gt;stand-by&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Route&lt;/em&gt; qui
m'attend...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>N’affrontez pas la bêtise, toujours vous perdrez</title>
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    <pubDate>Wed, 21 May 2008 21:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>écriture</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Plus le temps passe, plus j’ai tendance à me montrer impatient, pour ne pas
dire intolérant, envers les romans de peu d’exigence. Ces livres cherchent
avant tout à &lt;em&gt;divertir&lt;/em&gt; un &lt;em&gt;public&lt;/em&gt; (vocabulaire de la télévision
appliqué à la littérature), sans réel travail de cette matrice qu’est la
langue, sans pétrissage de la pâte littéraire, pour ainsi dire sans
personnalité ni style (c’est égal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces livres ne tiennent qu’à un fil, celui de leur intrigue : que celle-ci
boite, le roman devient caduc (le lecteur tombe). Et même si l’intrigue est
&lt;em&gt;haletante&lt;/em&gt; (vocabulaire du sport appliqué à la littérature), j’en sors
toujours avec cette impression de soif non étanchée : c’est que ces livres sont
arides en pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussitôt lu, pardon, &lt;em&gt;dévoré&lt;/em&gt; (vocabulaire de la boulimie appliqué à
la littérature), le &lt;em&gt;page-turner&lt;/em&gt; sombre dans les profondeurs du
cimetière des livres que je ne relis pas : ils sédimentent en des piles
anonymes et impersonnelles, qu’un explorateur ennuyé des abysses redécouvrira
le temps d’un week-end passé en apnée dans une maison de campagne
poussiéreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roman n’est pas une intrigue, c’est une galerie de personnages qui,
appelés par l’auteur, montent sur la scène du livre ouvert. L'histoire, c'est
les perles de transpiration que les acteurs ont abandonnées sur cette scène.
Les bons écrivains, ceux qui &lt;em&gt;écrivent&lt;/em&gt;, sont des comédiens. Seuls les
mauvais, ceux qui n’écrivent pas mais racontent des histoires, sont des
marionnettistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’entends déjà le vol des harpies qui crachent sur le &lt;em&gt;style&lt;/em&gt;, si
onaniste, si germanopratin. C'est que, paresseuses, elles veulent une intrigue
à grosses ficelles, des péripéties, du romanesque (elles veulent dire
rocambolesque), pour se divertir à peu de frais. &lt;em&gt;Nonsense !&lt;/em&gt; Ces
gens-là confondent roman et moteur à explosion, histoire et dos-d’âne : ils
avancent par rebondissements successifs, tout droit dans le fossé de la
pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l’auteur de ces lignes a jugé utile de procéder à un rappel : le style
n’est pas la forme, car pas plus que de fond il n’y a de forme. Le style, c’est
l’auteur. Le style, c’est la pensée faite mots (vocabulaire de la cabale
appliqué à la littérature). Un rien le signale : une virgule qui s’invite entre
deux mots pour faire trébucher le rythme d'une phrase, une image qui s’impose à
nous, rémanence à la beauté coruscante, une ellipse qui sème les étourdis… mais
aussi des obsessions, des rengaines, des tics. L’essence est dans les
apparences, mieux : dans la transparence qui fait affleurer l’auteur sous la
surface de son encre. Les auteurs sont des écorchés, ils n'ont plus de peau où
se cacher. De là qu'on les attaque (ils le cherchent, ils s'exposent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout ça, je finirai vieux con.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Sade, ou le littérateur pornographe</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/05/12/Sade-ou-le-litterateur-pornographe</link>
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    <pubDate>Mon, 12 May 2008 19:55:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>Sade</category>    
    <description>    Certains livres sont lus pour de mauvaises raisons (les extralittéraires), ce
qui sauve parfois leur auteur de l’anonymat, où leur absence de talent (je ne
parle même pas de génie) les aurait sinon confinés.&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Sade, marquis, littérateur et pornographe. Sa philosophie de boudoir
libertin tient plus de la logorrhée puérile d’un agitateur priapique que d’une
œuvre littéraire &lt;em&gt;écrite&lt;/em&gt; : aucune image mais beaucoup de clichés,
aucune pensée mais beaucoup de provocations gratuites, pour &lt;em&gt;choquer&lt;/em&gt;
les bonnes mœurs. Et quel bavardage ! quelle admiration pour sa propre
subversion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a rien de plus conformiste que la subversion, toute rébellion tendant
à se muer en ce qu’elle combattait : un système. L’esprit sadien n’est qu’une
combinatoire de toutes les possibilités de plaisir offertes par le corps
humain, une combinatoire purement mécanique, toute desséchée, sans aucune
sensualité ni créativité. La sensualité est à la sexualité ce que l’érotisme
est à la pornographie : une étincelle d’art dans un peu de vie. Le sexe est ici
réduit au simple rôle d’arme transgressive : il devient d’un ennui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand les plaisirs indolores sont épuisés, ou plutôt quand ils l'ont
épuisé, Sade a recourt à la cruauté pour divertir son indifférence : la
puérilité est le premier masque des monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &lt;em&gt;La philosophie dans le boudoir&lt;/em&gt; vaut d’être lue à voix
haute, pour rire entre amis de ce ridicule marquis (et c'est encore trop le
flatter).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Je pense à vous mes châtons</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/04/10/Je-pense-a-vous-mes-chatons</link>
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    <pubDate>Thu, 10 Apr 2008 21:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je vous délaisse, ça me désole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop à lire pour écrire : éternel combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lignes pour sortir d'ici, en attendant d'y revenir :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;XXI passe à &lt;a href=&quot;http://www.leblogde21.com/pages/Le_sommaire_du_numero_2-403418.html&quot;&gt;2&lt;/a&gt;,
ils n'en sont pas peu &lt;a href=&quot;http://www.leblogde21.com/article-18612032.html&quot;&gt;fiers&lt;/a&gt; ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://auteurstv.blogspot.com/2008/04/alice-ferney-ce-qui-ressort-de-mes.html&quot;&gt;
Alice Ferney&lt;/a&gt; me rappelle &lt;em&gt;Les Autres&lt;/em&gt; ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://table-rase.blogspot.com/2007/06/un-homme-tombe.html&quot;&gt;&lt;em&gt;L'homme qui
tombe&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; m'attire comme le vide, &lt;a href=&quot;http://table-rase.blogspot.com/2008/03/2666-esquisse.html&quot;&gt;&lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;
me fascine, mais quand arriveront-ils en haut de ma pile ?&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Libre, enfin libre</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/17/Libre-enfin-libre</link>
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    <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 22:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« A nous deux maintenant ! »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La vie transcende le vécu</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/12/La-vie-transcende-le-vecu</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>Charles Dantzig</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/etincelles.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poésie est l’art littéraire le plus arriéré. Celui que, pour autant que
nous le sachions, les hommes ont pratiqué le premier. Ce n’est pas la station
debout permanente qui a séparé l’homme du singe, c’est la poésie. Un jour, un
velu à front bas, cessant de se gratter les aisselles, a grimpé sur un rocher
et, indifférent aux barrissements des diplodocus, en bas, a chanté : « Le
vierge, le vivace et le bel aujourd’hui… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig, in &lt;em&gt;Dictionnaire égoïste de la littérature
française&lt;/em&gt; (Grasset).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'entends des gens &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/03/05/qui-lit-de-la-poesie-aujourdhui&quot;&gt;se
plaindre&lt;/a&gt; que la poésie n'est plus assez lue ; elle ne l'a jamais été, ne le
sera jamais : elle n'intéresse de tout temps en France que quelques centaines
de personnes seulement, pas plus. Et après ? C'est bien assez pour faire vivre
et perpétuer les étincelles crachées par le choc des mots, des sons et des
images. Pour qu'écrire de la poésie, vivre poétiquement ne soit pas vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &lt;a href=&quot;http://www.lalettrine.com/article-17437373.html&quot;&gt;Anne-Sophie&lt;/a&gt;, je ne lis de
la poésie que de manière sporadique, comme on aère une chambre qui sent le
renfermé. Et voilà de quoi nourrir mon sang :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qui a talent pour le malheur,&lt;br /&gt;
Il doit le fuir autant qu’il peut.&lt;br /&gt;
« Il n’est pas de chagrin qu’une heure&lt;br /&gt;
De lecture n’ait chassé », Montesquieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’eut donc pas de vif chagrin,&lt;br /&gt;
Il ne vit pas les hôpitaux,&lt;br /&gt;
Les corps flétris percés de drains,&lt;br /&gt;
Les âmes devenues les maux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et les naseaux Dostoïevski&lt;br /&gt;
Fumant l’éloge de la souffrance,&lt;br /&gt;
De la souffrance qui ennoblit,&lt;br /&gt;
Ces grands esprits sont assez rances.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pensez plutôt aux longs bras maigres&lt;br /&gt;
Aux escarres des fesses osseuses&lt;br /&gt;
Aux cheveux gras à l’haleine aigre&lt;br /&gt;
Aux vies entières chassieuses&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si réellement ils souffrent&lt;br /&gt;
Ils font de l’imposé vertu&lt;br /&gt;
Quelle hauteur voilà des gouffres&lt;br /&gt;
La vie transcende le vécu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le malheur vient bien tout seul&lt;/em&gt;, de Charles Dantzig, in &lt;em&gt;En
souvenir des long-courriers&lt;/em&gt; (Les Belles Lettres).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>A celle qui</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/09/A-celle-qui</link>
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    <pubDate>Sun, 09 Mar 2008 14:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>Paul Eluard</category>    
    <description>    &lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block; width: 446px; height: 340px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/pluie.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Contre la laideur du monde et la barbarie des êtres &lt;em&gt;dits&lt;/em&gt; civilisés,
cette strophe de Paul Eluard, pour réenchanter un ciel aujourd'hui délavé par
la pluie :&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« A chanter des plages humaines&lt;br /&gt;
Pour toi la vivante que j’aime&lt;br /&gt;
Et pour tous ceux que nous aimons&lt;br /&gt;
Qui n’ont envie que de s’aimer&lt;br /&gt;
Je finirai bien par barrer la route&lt;br /&gt;
Au flot des rêves imposés&lt;br /&gt;
Je finirai bien par me retrouver&lt;br /&gt;
Nous prendrons possession du monde »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Eluard, in &lt;em&gt;Poésie ininterrompue&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C’est toujours ça que la bêtise n’aura pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(J'éprouve quelque réconfort à penser qu'un vers puisse colorer les gris,
redresser un dos voûté, forcer à aller de l'avant... enfin j'aime à le
croire.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Photo : &lt;a href=&quot;http://www.lunablog.info/lautreatelier/index.php/2007/07/13/99-avec-ou-sans-pluie&quot;&gt;
Dorothée&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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