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  <title>L'Idiot du Village - écriture</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 08 Jul 2008 17:15:46 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>CK</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/06/20/CK</link>
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    <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 21:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Cogito</category>
        <category>Charles Dantzig</category><category>Orson Welles</category><category>écriture</category>    
    <description>    &lt;em&gt;Ou comment Orson Welles abandonna très tôt une carrière de prof de&lt;/em&gt;
creative writing &lt;em&gt;pour le cinéma.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/./.CK_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citizen Kane devrait être projeté dans tous les cours de &lt;em&gt;creative
writing&lt;/em&gt; : c’est un modèle de finesse d’écriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film s’ouvre et se ferme sur une pancarte affichant un « No Trespassing »
symbolique de notre incapacité à percer l’intimité d’un être, ici Charles
Foster Kane. Ce personnage est le résultat archétypal d’une écriture
cinématographique qui tout à la fois promet et dérobe au spectateur une
promesse d’explication. Durant la longue séquence d’ouverture, la caméra
s’approche peu à peu dans la nuit - par une succession de fondus enchaînés - de
la fenêtre de la chambre de Kane, phare qui s’éteint brusquement quand on
l’approche de trop près, avertissement au spectateur trop avide d’explications
: ici, elles seront peu nombreuses, ou laissées à la discrétion du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film tout entier s’articule autour de la figure centrale de Kane et se
construit comme un reportage, ou plutôt comme l’enquête d’un reporter, sur Kane
après qu’il soit mort. La reconstitution du puzzle qu’il est (dans le film, la
métaphore est explicite) se fait par alternance et multiplication des points de
vue, diffraction du génie d’Orson Welles, qui ainsi disparaît derrière chacun
de ses personnages et n’apparaît nulle part, même dans le rôle titre qu’il
interprète. De même, le reporter s’efface devant le sujet de son reportage : il
est toujours dans l’ombre ou en contre-jour, jamais de face. N’est-ce pas la
métaphore du retrait de l’artiste de son œuvre, ne devant laisser dans l’idéal
qu’à peine une empreinte sur son passage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la pièce manquante du puzzle : le &lt;em&gt;rosebud&lt;/em&gt;. Cette énigme
persistera pour le reporter ; au spectateur, le mystère sera dévoilé à la toute
fin du film. Point nodal où se contracte toute la personnalité de Kane en un
poing serré, qui ne s’ouvre pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’une personne de notre réalité tangible, d’un personnage de cette autre
réalité, imaginaire, que produit l’art, on ne sait jamais que ce qu’il ou elle
veut bien laisser affleurer en surface. En fait, on ne sait rien. Dans un
roman, c’est pareil : ne jamais expliquer, suggérer. Au lecteur de
comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les vacances d'été, rédiger une étude comparée de &lt;em&gt;Citizen Kane&lt;/em&gt;
et d’&lt;em&gt;Un film d’amour&lt;/em&gt; de Charles Dantzig. Remise des copies à la
rentrée.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Révélez-vous</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/05/23/Revelez-vous</link>
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    <pubDate>Fri, 23 May 2008 22:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Cogito</category>
        <category>Black Rebel Motorcycle Club</category><category>Hermann Hesse</category><category>écriture</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un livre nous marque s’il nous révèle à nous-mêmes, s’il fait affleurer à la
surface de notre conscience les courants sous-marins qui brassent les
profondeurs de notre être, les arcades qui le sous-tendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos lectures réalisent les potentialités que nous recélons et qui sans elles
resteraient à l’état latent, retournent une à une les cartes de notre jeu, et
peu à peu nous construisent : nous sommes des piles de livres. Les barbares
sont ceux qui de ces piles nourrissent des brasiers. (Et avec quel
sang-froid…)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’art nous élève, c’est peut-être que l’expérience sensible et esthétique
qu’il promet est un catalyseur de la pensée et appelle en nous une réaction.
C’est un antidote à l’indifférence, partant à la cruauté qui en est la
bâtarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces livres qui m’ont marqué, peut-être retiendrais-je &lt;em&gt;Le Loup des
steppes&lt;/em&gt;. Je me souviens encore du final psychédélique aux envolées
libertaires, où l’on assiste tranquillement à la dislocation de l’ego du
narrateur, implosant sous la pression de ses contradictions personnelles et des
contraintes de la société. Jusque-là, le loup et le bourgeois s’étaient
entre-dévorés en essayant de cohabiter dans le même corps (le loup griffant
&lt;em&gt;de l’intérieur&lt;/em&gt; le vernis de civilisation du bourgeois, le bourgeois
étouffant les hurlements du loup). On les voit alors refoulés par la multitude
d’avatars du narrateur, libérés par les visions de la drogue des constructions
abstraites et trop rationnelles de l’homme-loup, qui imposaient au narrateur
une tension perpétuelle entre ses deux pôles identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c’est une révolution, qui comme toutes les révolutions libère les
passions et finit mal. Une expérience à vivre, en écoutant de préférence le
premier album du Black Rebel Motorcycle Club, &lt;em&gt;B.R.M.C.&lt;/em&gt; (pistes 6 et 7
: « As sure as the sun » et « Rifles »). Le hasard a pour moi lié les deux, le
roman et l’album ; il a bien fait : ils sont désormais indissociables.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>N’affrontez pas la bêtise, toujours vous perdrez</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/05/21/Naffrontez-pas-la-betise-toujours-vous-perdrez</link>
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    <pubDate>Wed, 21 May 2008 21:44:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>écriture</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Plus le temps passe, plus j’ai tendance à me montrer impatient, pour ne pas
dire intolérant, envers les romans de peu d’exigence. Ces livres cherchent
avant tout à &lt;em&gt;divertir&lt;/em&gt; un &lt;em&gt;public&lt;/em&gt; (vocabulaire de la télévision
appliqué à la littérature), sans réel travail de cette matrice qu’est la
langue, sans pétrissage de la pâte littéraire, pour ainsi dire sans
personnalité ni style (c’est égal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces livres ne tiennent qu’à un fil, celui de leur intrigue : que celle-ci
boite, le roman devient caduc (le lecteur tombe). Et même si l’intrigue est
&lt;em&gt;haletante&lt;/em&gt; (vocabulaire du sport appliqué à la littérature), j’en sors
toujours avec cette impression de soif non étanchée : c’est que ces livres sont
arides en pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussitôt lu, pardon, &lt;em&gt;dévoré&lt;/em&gt; (vocabulaire de la boulimie appliqué à
la littérature), le &lt;em&gt;page-turner&lt;/em&gt; sombre dans les profondeurs du
cimetière des livres que je ne relis pas : ils sédimentent en des piles
anonymes et impersonnelles, qu’un explorateur ennuyé des abysses redécouvrira
le temps d’un week-end passé en apnée dans une maison de campagne
poussiéreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roman n’est pas une intrigue, c’est une galerie de personnages qui,
appelés par l’auteur, montent sur la scène du livre ouvert. L'histoire, c'est
les perles de transpiration que les acteurs ont abandonnées sur cette scène.
Les bons écrivains, ceux qui &lt;em&gt;écrivent&lt;/em&gt;, sont des comédiens. Seuls les
mauvais, ceux qui n’écrivent pas mais racontent des histoires, sont des
marionnettistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’entends déjà le vol des harpies qui crachent sur le &lt;em&gt;style&lt;/em&gt;, si
onaniste, si germanopratin. C'est que, paresseuses, elles veulent une intrigue
à grosses ficelles, des péripéties, du romanesque (elles veulent dire
rocambolesque), pour se divertir à peu de frais. &lt;em&gt;Nonsense !&lt;/em&gt; Ces
gens-là confondent roman et moteur à explosion, histoire et dos-d’âne : ils
avancent par rebondissements successifs, tout droit dans le fossé de la
pensée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l’auteur de ces lignes a jugé utile de procéder à un rappel : le style
n’est pas la forme, car pas plus que de fond il n’y a de forme. Le style, c’est
l’auteur. Le style, c’est la pensée faite mots (vocabulaire de la cabale
appliqué à la littérature). Un rien le signale : une virgule qui s’invite entre
deux mots pour faire trébucher le rythme d'une phrase, une image qui s’impose à
nous, rémanence à la beauté coruscante, une ellipse qui sème les étourdis… mais
aussi des obsessions, des rengaines, des tics. L’essence est dans les
apparences, mieux : dans la transparence qui fait affleurer l’auteur sous la
surface de son encre. Les auteurs sont des écorchés, ils n'ont plus de peau où
se cacher. De là qu'on les attaque (ils le cherchent, ils s'exposent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tout ça, je finirai vieux con.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ma vie mon œuvre (mode d'emploi) - Episode I</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/01/26/Ma-vie-mon-oeuvre</link>
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    <pubDate>Sat, 26 Jan 2008 14:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>écriture</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prologue&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
Pour l’année 2008, j’ai pris trois bonnes résolutions (en fait, c’est tout
récent, je suis un peu en retard sur le calendrier) :&lt;br /&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;devenir &lt;strong&gt;riche&lt;/strong&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;célèbre&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;et &lt;strong&gt;heureux&lt;/strong&gt; (le bonheur est aussi un devenir, il s’agit
d’une gymnastique mentale comme une autre, à pratiquer quotidiennement).&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Vaste projet, dont l’ambition n’est pas moins grande que les moyens à mettre
en œuvre pour la réaliser. Une seule option : devenir
&lt;strong&gt;best-seller&lt;/strong&gt;, à la M. L. ou à la G. M., la vérité résidant
hélas moins dans les lettres que dans les chiffres. Et comme je suis un peu
pressé, j’ai décidé de l’être dès mon premier roman, qui reste encore à
écrire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/flamenco.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Chapitre 1 : La danseuse de flamenco&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commençons aujourd’hui même, si vous le voulez bien (comme je ne suis pas
mesquin, j'en profite pour vous donner la recette). Le titre tout d’abord :
c’est le plus important, le reste n’est que notes en bas de page. Dans l’idéal,
il évoque un vœu pieux ou un bon sentiment et interpelle le lecteur
(&lt;em&gt;mes&lt;/em&gt; lecteurs). Ramassé sur la couverture de mon livre lui-même assis
sur son présentoir, il attend le chaland ; les yeux mi-clos il feint de
somnoler, un sombrero sur la tête, deux colts sous le poncho. Une proie se
présente, il bondit… et l’invite à danser, pour mieux s’inviter dans le panier
du chaland. Sombrero et poncho ont déjà volé au-dessus des têtes, révélant une
robe de danseuse de flamenco qui ondule pour souligner la jarretière bien en
évidence sur une jambe chaudement cirée. Quelques suggestions :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Toi et moi, c’est tout&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ma vie ton amour&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dans tes bras, dans ton cœur&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Des contre-exemples :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Sans toi, la vie est plus facile&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Je ne suis pas à lire&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Laisse-moi te raconter l’histoire de ton long suicide&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le tout est de se vendre, n’hésitez pas à racoler : &lt;em&gt;le tapin paye
toujours&lt;/em&gt; (ou alors, c’est que vous n’êtes pas doués, mais alors là je ne
peux rien pour vous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chapitre 2 : Le con, la prude et le chaland&lt;/strong&gt; (à
paraître)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>C'est toujours plus dur la première fois</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/01/22/Cest-toujours-plus-dur-la-premiere-fois</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Jan 2008 21:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Cogito</category>
        <category>premier roman</category><category>écriture</category>    
    <description>    Un premier roman est un acte de naissance en même temps qu’une demande de
reconnaissance. L’écriture et la lecture sont les deux faces d’une même
expérience sensible, qui postule l’expression d’un partage, virus dont le livre
est le vecteur. Le premier roman est alors le cri du nouveau-né : il a besoin
d’air, il faut qu’il s’exprime !
&lt;p&gt;De ses vocalises, le jeune écrivain (qui par ailleurs peut être vieux, là
n’est pas la question) tire un matériau brut et baroque que l’expérience n’a
pas encore poli. Et c’est peut-être là toute sa force, puisqu’il donne sans se
soucier de l’avis du public qu’il n’a pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left; width: 132px; height: 177px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/digue.jpg&quot; /&gt;Bien sûr, cela
présente quelques imperfections : l’éponge qu’est tout auteur dégorge pour la
première fois tout ce qu’elle a emmagasiné ; la digue cède. Et surviennent
alors les vagues du lyrisme mal contenu, sur lesquelles surfent les références
littéraires appelées en renfort, sait-on jamais, au cas où on ne nous prendrait
pas au sérieux. Sont ainsi convoquées au chevet de l’auteur les figures qui ont
nourri de leur encre son imaginaire encore immature et que sa faiblesse de
prématuré ne saurait faire taire pour le moment. Ces spectres seront les
tuteurs qui guideront sa main dans les moments de doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier roman, c’est donc aussi l’occasion d’accepter un héritage, avec
toutes les dettes que cela comporte. Passage de témoin incontournable : on ne
saurait écrire sans avoir rien lu au préalable.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Littérature portable made in Japan</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/05/Litterature-portable-made-in-Japan</link>
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    <pubDate>Wed, 05 Dec 2007 22:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Vie numérique</category>
        <category>écriture</category><category>édition</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/Pour_une_litterature_portable.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des meilleures ventes de livres au Japon est occupée cette année
par des &lt;em&gt;mobile novels&lt;/em&gt;, ces romans publiés et lus sur des écrans de
téléphones portables, et pour certains écrits avec. C'est &lt;a href=&quot;http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/asia/article3005052.ece&quot;&gt;Times&lt;/a&gt;
qui nous avertit et se fait l'écho du désarroi de la critique littéraire
japonaise : &amp;quot;The fact that young readers are being exposed to immature
expressions and stunted vocabulary will accelerate illiteracy and dammage their
ability to express themselves.&amp;quot; - de toute manière on va tous crever !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public visé est en effet jeune : autour de vingt ans. Le format imposé
condamne les textes à être scindés en de courts fragments téléchargeables sur
un portable depuis Internet, à lire en trois minutes entre deux stations de
métro. Le résultat semble ne pas être très &lt;em&gt;littéraire&lt;/em&gt; : &amp;quot;I'm short,
I'm stupid, I'm not pretty, I'm rubbish, and I've got no dreams.&amp;quot; (extrait du
numéro un des ventes au Japon, &lt;em&gt;Love Sky&lt;/em&gt;, de Mika) - et nous qui nous
plaignions de notre littérature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, à ses origines, le roman lui-même était perçu comme une forme
d'expression populaire. (L'art est un lent anoblissement du trivial.) Même
ainsi formatée, la littérature pour téléphones portables n'est limitée que par
son manque d'ambition : qu'elle pense à s'élever, qu'elle oublie son public, et
alors c'est à des romans ramassés en haïkus qu'on aura droit. Ce qui est
mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Photo : &lt;a href=&quot;http://www.loeuvrette.be/&quot;&gt;Laurent d'Ursel&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Images &amp; littérature</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/10/11/Images-litterature</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Oct 2007 16:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Cogito</category>
        <category>écriture</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/./.photographie_001_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Décrire, c'est substituer à l'appréhension instantanée de la rétine une
séquence associative d'images déroulée dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Gracq, &lt;em&gt;en lisant en écrivant&lt;/em&gt;, José Corti, p.14.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Écrire, c'est dire le monde. Le monde comme réalité sensible, prête à être
saisie dans un rapport empathique entre observé et observateur. &lt;em&gt;Réalité
sensible&lt;/em&gt;, tout à la fois dévoilée et interprétée,
questionnée.&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sensible&lt;/em&gt; invoque immanquablement la photographie qui, autant qu'un
autre, est un art du dévoilement, révélateur. On sait comment la photographie
permit à la peinture, avec l'apparition des premiers modèles portatifs et
l'usage de l'instantané aux alentours de la révolution impressionniste, de
s'abstraire des taches utilitaires qui lui étaient jusque lors dévolues
(portraits, événements et édifices officiels, etc. : fixer pour la postérité
les souvenirs périssables de l'humanité) et d'ainsi explorer d'autres sujets,
d'autres formes de représentation, amorce de l'art moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette obsolescence qui a frappé une certaine forme de peinture, la
littérature n'en a-t-elle pas été affectée ? Dans les kaléidoscopes d'images
que constituent nos vies, n'y a-t-il pas une certaine lassitude à vouloir
opérer la nécessaire transmutation de l'image en mots, dont l'originalité dans
leurs ajustements est garante de leur pouvoir évocateur et de leur persistance
rétinienne ? La littérature a-t-elle abdiqué devant la suprématie des clichés
(à prendre dans tous les sens du terme) ? Des questions sans doute déjà posées,
déjà débattues, mais qu'on se pose néanmoins, ne serait-ce que pour savoir où
l'on va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Photo : &lt;a href=&quot;http://www.cwmarsens.ch/&quot;&gt;C. W. Marsens&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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