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  <title>L'Idiot du Village - Charles Dantzig</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 12 May 2008 17:56:10 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Les Nouveaux Caractères</title>
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    <pubDate>Fri, 28 Mar 2008 16:31:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Charles Dantzig</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/nosvieshatives.gif&quot; /&gt;Prix Jean Freustié et Prix Roger Nimier 2001,
&lt;em&gt;Nos vies hâtives&lt;/em&gt; est un roman polyphonique qui s’agence comme une
mosaïque dont il faudrait s’éloigner de quelques mètres pour en saisir toute
l’ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig, dans chacun des chapitres qu’il construit à la manière des
pièces d’un vaste puzzle, s’attache à raconter une histoire apparemment fermée
sur elle-même, comme une nouvelle indépendante de ses voisines dans un recueil.
Mais plus on progresse dans le livre, plus on se rend compte que tout est lié,
de ces liens lâches et fragiles que nos existences tissent et lancent au hasard
des rencontres et des circonstances, élaborant à notre insu une nouvelle
comédie humaine. Ainsi, les vies hâtives que l’on croise au détour d’une page
peuvent se retrouver un peu plus loin, simplement évoquées ou vues sous un
autre angle, et interpellent de nouveau notre perception pour bousculer ses
perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’ailleurs, de vies, il s’agirait plutôt de tranches de vies, arrachées par
le scalpel de l’auteur à l’incessante ronde de notre monde moderne, fuyant
toujours plus vite en avant la peur de l’ennui et du silence. Si le titre
n’avait déjà été pris, le livre aurait pu s’appeler &lt;em&gt;Les Caractères&lt;/em&gt;,
tant il est vrai que Charles Dantzig s’y exerce dans un enthousiasme évident à
son sport favori et croque avec plaisir, et même voracité, ces vies aux
caractères et aux personnalités aussi diverses que complexes. Dans sa finesse
d’analyse, l’auteur a le bon goût de ne jamais vouloir proposer d’explications
absolues et nous laisse la marge de manœuvre nécessaire pour lire entre les
lignes et penser ; c’est si rare de nos jours, un livre qui nous laisse
penser…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Nos vies hâtives&lt;/em&gt; condense en un joyeux précipité beaucoup de
singularités de Charles Dantzig : son écriture imagée qui invoque des trésors
d’originalité pour donner à voir un monde parallèle, le sien ; la nécessaire
gaieté pour survivre aux souffrances d’une vie et supporter la médiocrité qui
nous environne et nous menace, heureusement compensée par des fulgurances de
beauté (en ce sens, Charles Dantzig peut être vu comme un humaniste déçu par
l’humain, mais qui lui conserve malgré tout ses préférences) ; son érudite
cinéphilie qui nous propose de profondes réflexions sur l’art, donc le roman ;
enfin, malgré des histoires hachées qui morcellent un peu notre progression
dans le livre mais brisent la linéarité de la narration, un plaisir de lecture
jamais démenti.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Nos vies hâtives&lt;/em&gt;, de Charles Dantzig, Le Livre de Poche, 5,50
€.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Je suis à vendre - c'est un scandale !</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/19/Je-suis-a-vendre-cest-un-scandale</link>
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    <pubDate>Wed, 19 Mar 2008 09:54:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Revue de presse</category>
        <category>Charles Dantzig</category><category>le Magazine Littéraire</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/MagLitt.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien gentil le changement, les réformes, la rupture... mais là je dis
non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette vénérable institution qu'est le &lt;em&gt;Magazine Littéraire&lt;/em&gt;
décide de s'offrir un petit ravalement de façade, très bien ; que l'équipe
rédactionnelle soit remaniée et aérée par l'arrivée de nouvelles signatures,
encore mieux ; mais pourquoi (pourquoi ?!) fallait-il que l'épilogue du dossier
mensuel sombre dans une faille du continuum littéraire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque mois, j'avais droit à mon petit article signé Charles Dantzig, je
commençais d'ailleurs le dossier par lui, pour être en terrain connu.
Maintenant, ce sera sans lui : plus de terrain connu, plus de repères, je suis
perdu. C'est un fait suffisamment grave pour motiver la résiliation de mon
abonnement (même si maintenant mon statut d'abonné me permet de bénéficier
d'avantages, et même de privilèges, n'ayons pas peur des mots, sur le &lt;a href=&quot;http://www.magazine-litteraire.com/&quot;&gt;site internet&lt;/a&gt; du magazine : articles
exclusifs, textes d'auteurs inédits... mais mon épilogue ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, consacrer une enquête aux blogs littéraires, c'est bien, mais
quel est l'intérêt si c'est pour ne pas parler du mien ? Je cite néanmoins la
conclusion, pertinente, de l'article d'Alexis Brocas :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Cette blogosphère fourmille déjà de réseaux d'influence, tissés à force de
liens virtuels, d'affinités réelles et de commentaires envoyés d'un biog
l'autre. Or, en s'unissant, les blogueurs multiplient leur force de frappe
(prescriptive), mais mettent du même coup en péril une partie de la crédibilité
qu'ils ont gagnée pied à pied. Difficile en effet de livrer une critique
négative d'un roman, quand on entretient depuis des années un dialogue avec son
auteur par ailleurs blogueur... Difficile, c'est vrai, de résister aux
cajoleries croissantes des attachées de presse des grandes maisons d'édition
lorsqu'on a, comme de nombreux acteurs de la blogosphère, un manuscrit dans le
tiroir et le désir impérieux de le voir imprimé... »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'en profite ici pour rappeler que je suis d'une probité exemplaire et que
j'en ai assez : je suis à vendre ! Attachée de presse, auteur wannabe, éditeur
solitaire, n'hésitez plus à me contacter pour me corrompre, je prends tout :
liquide, chèques, numéros de carte bleue, paiement en nature... Idem pour les
services de presse : je les revendrai à Gibert.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La vie transcende le vécu</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/12/La-vie-transcende-le-vecu</link>
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    <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 15:42:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>Charles Dantzig</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/etincelles.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poésie est l’art littéraire le plus arriéré. Celui que, pour autant que
nous le sachions, les hommes ont pratiqué le premier. Ce n’est pas la station
debout permanente qui a séparé l’homme du singe, c’est la poésie. Un jour, un
velu à front bas, cessant de se gratter les aisselles, a grimpé sur un rocher
et, indifférent aux barrissements des diplodocus, en bas, a chanté : « Le
vierge, le vivace et le bel aujourd’hui… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig, in &lt;em&gt;Dictionnaire égoïste de la littérature
française&lt;/em&gt; (Grasset).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'entends des gens &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/03/05/qui-lit-de-la-poesie-aujourdhui&quot;&gt;se
plaindre&lt;/a&gt; que la poésie n'est plus assez lue ; elle ne l'a jamais été, ne le
sera jamais : elle n'intéresse de tout temps en France que quelques centaines
de personnes seulement, pas plus. Et après ? C'est bien assez pour faire vivre
et perpétuer les étincelles crachées par le choc des mots, des sons et des
images. Pour qu'écrire de la poésie, vivre poétiquement ne soit pas vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &lt;a href=&quot;http://www.lalettrine.com/article-17437373.html&quot;&gt;Anne-Sophie&lt;/a&gt;, je ne lis de
la poésie que de manière sporadique, comme on aère une chambre qui sent le
renfermé. Et voilà de quoi nourrir mon sang :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qui a talent pour le malheur,&lt;br /&gt;
Il doit le fuir autant qu’il peut.&lt;br /&gt;
« Il n’est pas de chagrin qu’une heure&lt;br /&gt;
De lecture n’ait chassé », Montesquieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n’eut donc pas de vif chagrin,&lt;br /&gt;
Il ne vit pas les hôpitaux,&lt;br /&gt;
Les corps flétris percés de drains,&lt;br /&gt;
Les âmes devenues les maux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et les naseaux Dostoïevski&lt;br /&gt;
Fumant l’éloge de la souffrance,&lt;br /&gt;
De la souffrance qui ennoblit,&lt;br /&gt;
Ces grands esprits sont assez rances.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pensez plutôt aux longs bras maigres&lt;br /&gt;
Aux escarres des fesses osseuses&lt;br /&gt;
Aux cheveux gras à l’haleine aigre&lt;br /&gt;
Aux vies entières chassieuses&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et si réellement ils souffrent&lt;br /&gt;
Ils font de l’imposé vertu&lt;br /&gt;
Quelle hauteur voilà des gouffres&lt;br /&gt;
La vie transcende le vécu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le malheur vient bien tout seul&lt;/em&gt;, de Charles Dantzig, in &lt;em&gt;En
souvenir des long-courriers&lt;/em&gt; (Les Belles Lettres).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La gaieté tragique selon Charles Dantzig</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/03/04/La-gaiete-tragique-selon-Charles-Dantzig</link>
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    <pubDate>Tue, 04 Mar 2008 19:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Cogito</category>
        <category>Charles Dantzig</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/masques.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : « N’en faisons pas un drame, puisque c’est une tragédie. »
Non pas nier la dimension tragique de la condition humaine, mais faire
&lt;em&gt;comme si&lt;/em&gt; ce n’était qu’un jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage archétypique de Charles Dantzig est ainsi un désinvolte qui
d’une pirouette emprunte d'ironie tourne le dos à son ombre pour embrasser les
festivités de la vie et de l'art, s’y oublier et dissoudre dans la gaieté (ou
plutôt recouvrir par la gaieté) les écueils qui le menacent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois ils affleurent, et les fêlures apparaissent sur cette carapace :
c’est ce qui distingue la gaieté de la frivolité. La première intègre la
tragédie à sa danse pour mieux lui faire tourner la tête et se faire oublier
d’elle, la seconde est une indifférente un peu futile que rien n’atteint, et
qui en retour n'atteint personne, n'émeut personne ; contrairement à Charles
Dantzig qui nous propose un panaché de gaieté et de mélancolie capturant à la
fois la comédie et la tragédie de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le héros dantziguien refuse le (mélo)drame, c'est qu'il refuse le malheur
comme pose esthétique et l'idée d'un malheur qui sanctifie, qui rend plus fort.
C'est un anti-dépressif : il ne se prélasse pas dans son amertume, il ne
s'apitoie pas sur son sort. Au contraire. Malgré les mauvais tours du jeu que
le sort lui a mis en main, il va de l'avant puisqu'il voit un sens unique là où
d'autres voient un « Cédez le passage ». C'est un volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivons-le.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>C'est l'histoire d'un écrivain qui devient un jour président</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/02/24/Cest-lhistoire-dun-ecrivain-qui-devient-un-jour-president</link>
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    <pubDate>Sun, 24 Feb 2008 12:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Charles Dantzig</category><category>premier roman</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Voici le premier roman de Charles Dantzig, publié en 1993 aux éditions Les
Belles Lettres : &lt;em&gt;Confitures de Crimes&lt;/em&gt;. Le titre est emprunté à un vers
de Henry Jean-Marie Levet : &lt;em&gt;Le soleil se couche en confitures de
crimes&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire d'un écrivain, Frédéric Marcassin, qui devient un jour
président de la République. Ayant un peu trop lu Félicien Marceau (le livre lui
est dédié), et notamment &lt;em&gt;L'Étouffe-chrétien&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Mort de
Néron&lt;/em&gt;, il a comme modèle en politique ce tyran cabotin qui a pour nom
Néron. Il profite qu'il loge à l'Élysée pour procéder en France à quelques
ajustements : suppression de la télévision et de la radio, taxation sur les
lieux communs, refonte complète du programme éducatif, diminution drastique du
pouvoir législatif, etc. Cet écrivain qui préside est un pédant, au sens où son
enthousiasme pour ce qui lui tient à cœur (la littérature !) le transporte
rapidement vers le dithyrambe ou - au contraire - la critique assassine et
péremptoire. Au demeurant c'est aussi un assassin, il rétablit même le doux
spectacle des exécutions publiques : c'est dire si l'homme a du goût.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Néron, il a la logique poussée à son paroxysme, alliée à un don réel pour
la comédie : c'est elle qui lui permet de régner sous ses allures de roi fou
(oui, il rétablit aussi la monarchie : il était grand temps). On ne le prend
pas au sérieux (pensez donc : un écrivain !) : il en profite pour tout se
permettre. Il détruit les rites qui aliènent l'intelligence des hommes, se
moque du protocole et raille l'image du pouvoir. A la fois roi et fou du roi,
ce bouffon tire son irrévérence à la face du monde et décore de l'ordre du
poireau tous ces petits qui rêvent d'être grands. Il ne recule devant rien, pas
même devant une guerre contre l'Union Européenne : c'est que sa volonté a
raison de tous les obstacles imaginaires que les indécis dressent d'habitude
entre leur désir et sa réalisation. Son caractère ambitieux et volontaire fait
d'ailleurs beaucoup pour le charme de cet homme fantasque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig se livre à une satire en règle du pouvoir, façon Voltaire
(il est donc optimiste : il pense que l'homme peut s'améliorer - ou fait comme
si), mais son ironie n'est pas méchante : elle s'envole vers la gaieté, masque
de la tragédie avec qui elle danse une gigue de tous les diables. L'auteur se
livre ainsi à la virtuosité de l'écriture gaie et emporte avec lui son lecteur,
séduit par tant de bonne humeur. On applaudit.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Confitures de Crimes&lt;/em&gt;, Charles Dantzig, Les Belles Lettres, 18,29
€.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'imagination est-elle une science exacte ?</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/02/21/Limagination-est-elle-une-science-exacte</link>
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    <pubDate>Thu, 21 Feb 2008 21:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Charles Dantzig</category><category>Félicien Marceau</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block; width: 169px; height: 246px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/imagination.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je poursuis ma période Charles Dantzig. Aujourd'hui, &lt;em&gt;L'imagination est
une science exacte&lt;/em&gt;, livre d'entretiens entre Félicien Marceau &lt;em&gt;de
l'Académie française&lt;/em&gt; et Charles Dantzig : du premier je n'ai rien lu, du
second un peu plus. Le tout est passionnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig explore l'œuvre de l'Académicien à qui il dédia son premier
roman, &lt;em&gt;Confitures de crimes&lt;/em&gt;. Il y a dedans du roman et du théâtre.
Vous avez peut-être, malgré vous, vu l'adaptation d'un des livres de Félicien
Marceau, à la télévision ou au cinéma. Mais si, rappelez-vous : &lt;em&gt;Le corps de
mon ennemi&lt;/em&gt;, avec Jean-Paul Belmondo jouant au Comte de Monte-Cristo. Je ne
résumerai pas ici la bibliographie de notre Immortel, sachez seulement qu'il
n'est pas nécessaire d'avoir lu Félicien Marceau pour apprécier
&lt;em&gt;L'imagination est une science exacte&lt;/em&gt;, mais cela donne envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, au-delà de la relecture d'une œuvre, vaut pour la conception de la
littérature que les deux protagonistes ont en commun : la littérature comme
réalité sensible autonome de l'autre réalité, celle que l'on nomme naïvement
&amp;quot;la vraie vie&amp;quot;. Un sacerdoce en quelque sorte, le dévouement à une noble cause,
qui nous dépasse et nous élève. La vraisemblance d'un livre est donc un
argument irrecevable pour juger de sa qualité : l'imagination et la vérité, la
fiction et la réalité (ou du moins celle qui passe pour réalité), sont des
notions immiscibles, des droites parallèles dans un espace euclidien. Le seul
critère de jugement, la seule légitimité, c'est le talent de l'auteur, partant
la beauté de l'œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet univers parallèle, le style est une manière d'être, et Félicien
Marceau de citer Buffon : le style, c'est l'homme même. Aussi n'est-ce pas un
ornement, aussi est-il vain de vouloir opposer le fond et la forme : ils sont
consubstantiels. Que les thuriféraires d'une avant-garde en fer forgé et les
contempteurs des prétendus stylistes hermético-stériles veuillent bien en
prendre note. Le style en soi est un art de vivre, littérairement parlant
s'entend. Je parlais géométrie plus haut : en littérature, le plus court chemin
entre une pensée et son expression n'est pas la ligne droite, mais le
style.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, l'imagination est une science exacte.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Mon père spirituel</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/01/25/Mon-pere-spirituel</link>
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    <pubDate>Fri, 25 Jan 2008 20:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Delirium bloguens</category>
        <category>Charles Dantzig</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« La poésie peut être comique et raffinée, bouffonne et exquise. J’aime
beaucoup ce genre de livres qui alourdit l’œil des gens épais. Il faudrait le
donner à lire à un ministre de la Défense, à un secrétaire général de syndicat.
Si je créais mon ordre du Hareng saur, en souvenir du poème de Charles Cros,
Max Jacob en serait commandeur. On voit dans ce livre Dante et Virgile
inspectant un baril de harengs saurs (« Jugement des femmes »), et Charles Cros
n’est pas beaucoup plus loin quand, dans &lt;em&gt;Le Laboratoire central&lt;/em&gt;, Max
Jacob écrit : « Madame la Dauphine/Fine, fine, fine, fine, fine, fine. » &lt;em&gt;Le
Cornet à dés&lt;/em&gt; est sans exemple dans la littérature française, un coffre à
joujoux qu’un vieil enfant qui connaît le cynisme et s’en moque envoie
joyeusement en l’air. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig, in &lt;em&gt;Dictionnaire égoïste de la littérature
française&lt;/em&gt;, p. 404 à l'entrée « Jacob (Max) ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voilà pourquoi je l'aime. Un ton désinvolte et irrévérencieux d'iconoclaste
au goût sûr, une nonchalance qui cache une culture et une intelligence rares.
Enfin, un don véritable pour restituer la voix d'un auteur, le faire revivre
sous nos yeux : sorti du placard où on l'avait remisé, un petit coup de plumeau
sur les épaules, il s'en va s'agiter sur les pages de cette bible que j'ai fait
mienne et qui déjà est trop mince pour moi. &lt;a href=&quot;http://www.idiotduvillage.net/tag/Charles%20Dantzig&quot;&gt;Charles Dantzig&lt;/a&gt; dépoussière les classiques en
majordome de sa bibliothèque, avec l'élégance et la sensibilité d'un humaniste
distingué qui ne lance aux emmerdeurs que quelques gouttes de vitriol, juste
pour s'amuser de leur réaction. Et en plus, il peint :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« S'il n'a pas la poésie au bout des doigts comme La Fontaine ou
Apollinaire, il la réussit merveilleusement. Lettré chinois dans une des cours
de la Cité interdite le travail du jour fini, assis en tailleur, il lance des
osselets en l'air. Ils y restent. Les poèmes de Mallarmé sont des idéogrammes
dans le ciel, contenant un secret qu'il est inutile de déchiffrer. L'important
est le jet. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Dantzig, &lt;em&gt;op. cit.&lt;/em&gt;, p. 502 à l'entrée « Mallarmé (Stéphane)
».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Son génie de l'image inattendue fait tout son charme. Son œuvre est une mine
à ciel ouvert où il suffit de se baisser pour ramener des pleines poignées de
pépites rétiniennes. Peut-être est-ce dû au fait qu'il commença par la poésie
(l'intégrale de ses textes poétiques est publiée aux &lt;a href=&quot;http://www.lesbelleslettres.com&quot;&gt;Belles Lettres&lt;/a&gt; sous le titre &lt;em&gt;En
souvenir des long-courriers&lt;/em&gt;) ou que Rémy de Gourmont emprunta sa machine à
H. G. Wells pour l'avertir des dangers que représentent en littérature les
clichés (un essai consacré à l'un - &lt;em&gt;Rémy de Gourmont, Cher Vieux Daim
!&lt;/em&gt; - et aux autres - &lt;em&gt;La Guerre du cliché&lt;/em&gt; - tous deux parus aux
Belles Lettres sous des titres exquis). Quoi qu'il en soit, un écrivain de
caractère et de talent, dont vous risquez d'entendre encore parler dans ces
parages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'arrive à rassembler les fonds nécessaires pour fonder mon ordre
contemplatif littéraire (paraît-il qu'il faut acheter un permis ou quelque
chose comme ça : la règlementation en la matière me semble très stricte), si
j'y arrive donc, Charles Dantzig en sera l'icône à laquelle seront dédiées nos
libations païennes. L'appel aux dons est lancé !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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