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  <title>L'Idiot du Village - Tag - Françoise Sagan</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 21 Aug 2008 18:02:17 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Didier Jacob n'aime pas Françoise Sagan</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/05/17/Didier-Jacob-naime-pas-Francoise-Sagan</link>
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    <pubDate>Sat, 17 May 2008 14:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Blogosphère</category>
        <category>Françoise Sagan</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Pourquoi ne l'aime-t-il pas ? Parce que c'est elle, parce que c'est lui :
&lt;a href=&quot;http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/05/14/sagan-ou-le-charme-insupportable-de-la-bourgeoisie.html&quot;&gt;
à cause de préjugés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne lui reproche pas sa frivolité, qui lui fait perdre en profondeur ce
qu'elle gagne en légèreté (comme un sifflement allègre pour tromper l'ennui qui
l'étouffe). Ce qu'il lui reproche, c'est ni plus ni moins d'être née
&lt;em&gt;bourgeoise&lt;/em&gt;. Gide avait refusé le manuscrit de Proust, trop &lt;em&gt;rive
droite&lt;/em&gt;, trop snob : ici, c'est pareil. Didier Jacob est réputé pour sa
mauvaise foi et ses jugements péremptoires (on pose souvent au juge péremptoire
en croyant se doter d'une &lt;em&gt;personnalité&lt;/em&gt; : on ne fait qu'embrasser les
préjugés avec lesquels on est né). Il nous livre ici un procès d'intentions, et
surtout, ce reproche aberrant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Chez Sagan, ce ne sont pas les pauvres qui angoissent. Ce sont les autres,
parce qu'ils aiment Brahms : faut qu'ils aillent au concert. Ca finit par faire
des frais. Alors que les pauvres. Ils aiment simplement. Ils ne se cassent pas
la tête à se faire tromper par la bourgeoise. On ne les voit pas, de toutes les
manières. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il manque aussi les hémiplégiques qui gagent des courses en fauteuil
roulant, les immigrés clandestins, les femmes battues... enfin tous ces sujets
qui sentent le mélo politiquement correct. Peut-on sincèrement juger une œuvre
pour ce qu'elle n'est pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roman n'est pas la représentation proportionnelle d'une société, c'est la
transpiration d'une obsession : chez Sagan, l'ennui, partant les plaisirs pour
le tromper. Et je vais vous dire, c'est mieux que chez certains.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le charmant petit monstre</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/02/12/Le-charmant-petit-monstre</link>
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    <pubDate>Tue, 12 Feb 2008 20:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Françoise Sagan</category><category>premier roman</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/./.bonjour_tristesse_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous recevez une carte postale de la Côte d’Azur. Au recto : un paysage
méditerranéen se balance tranquillement au gré du vent, hésite entre la
pénombre des persiennes et la chaleur blanche des terrasses qui donnent sur la
mer, toute proche, là-bas. Au verso : deux mots, un vers de Paul Eluard :
&lt;em&gt;Bonjour tristesse&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier roman, énorme succès : Françoise Sagan fait scandale (on est en
1954). Par sa frivolité assumée, ce « charmant petit monstre » défraie la
chronique. Ce court roman est un précipité saganien : plaisir, vitesse et
nonchalance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cécile, dix-sept ans, vit avec son père depuis sa sortie du pensionnat deux
ans plus tôt. Les deux mènent une vie pétillant de plaisirs faciles et d’amours
éphémères. Cet été, ils passent les vacances dans une villa louée en compagnie
d’Elsa, la dernière maîtresse de ce père volage, un concentré de vacuité, mais
si jeune, si belle. Bientôt, une amie les rejoint : Anne. Intelligente,
subtile, sérieuse… et encore jolie. L’engrenage se met à tourner, lentement
puis s’emballe. La fin est fatale. Cécile en aura été le metteur en scène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’histoire s’enchaîne en courts chapitres qui mettent en place un à un les
éléments du drame qui se noue sous nos yeux dans cette villa blanc sur bleu : «
Nous avions tous les éléments d’un drame : un séducteur, une demi-mondaine et
une femme de tête. » Bien que prévisible dans son déroulement, elle n’en reste
pas moins prenante par la tension psychologique qui s’installe petit à petit,
étire le temps et inéluctablement le déchire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’élastique claque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et le tonnerre éclate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;après que l’orage a grondé,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;augure muet.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;dit le critique qui ne sait plus quoi faire pour tourner sa critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Françoise Sagan lance de belles images, on en oublie la carte postale
cliché. Parfois, elle démontre plus qu'elle ne montre, et c'est dommage, car sa
frivolité l'oblige à attaquer par petites touches, de biais. Dès qu'elle
s'éloigne de cette technique, elle patine, mais c'est si rare qu'on lui
pardonne. Par contre, elle donne très bien à voir les états d'âme d'une
adolescente qui découvre et l'amour et la perversité de la logique appliquée au
jeu social : c'est elle qui tire les ficelles, l'une cassera. Plus que
l'adolescence, c'est une époque que ce livre évoque, où les moralistes tentent
encore de resserrer l'étau autour de ces mœurs qui s'ébrouent avec impatience
dans l'attente de mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Bonjour tristesse&lt;/em&gt;, Françoise Sagan, Pocket, 3,80 €.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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