<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.idiotduvillage.net/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel>
  <title>L'Idiot du Village - Julien Capron</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 12 May 2008 17:56:10 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Crime et compassion</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/27/Crime-et-compassion</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b60c4995fcfb705077cfe5862657c3fa</guid>
    <pubDate>Thu, 27 Dec 2007 22:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Julien Capron</category><category>premier roman</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.idiotduvillage.net/public/./.amende_honorable_s.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Moyen-Âge, faire amende honorable consistait pour un condamné à mort à
demander pardon à ses semblables avant de s’en remettre à la justice divine
pour le jugement de son crime et de son âme. Dans le roman d’anticipation de
Julien Capron, il s’agit de purger une peine de probation au cours de laquelle,
par une rééducation inhumaine et totalitaire, le prisonnier est censé prendre
pleinement conscience de sa culpabilité et demander pardon à la société,
jusqu’à demander lui-même à être exécuté, la mort étant seule capable de
l’absoudre de son crime, en fait de le délivrer de l’ignoble supplice qu’est
devenue la justice des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un premier roman, &lt;em&gt;Amende honorable&lt;/em&gt; ne manque pas d’ambition :
écrire dans le sang des condamnés la satire d’une société qui, pour avoir
survécu aux déchirements fratricides d’une guerre civile, est prête à diluer
son éthique dans toutes les compromissions pour purger la cité du mal qui fait
vaciller ses fondations. On le voit, la fable n’est pas seulement politique, et
– contre les échos médiatiques des dernières Présidentielles – fait résonner
les voix plus profondes de la conscience et de la foi, du pardon et de la
rédemption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’image de Capitale, cité monstre du futur, la satire s’étage à tous les
niveaux de la société : politique, judiciaire, médiatique, policier, carcéral,
etc., et fournit au lecteur une vision panoptique de ce sombre avenir que notre
présent inspire visiblement à l’auteur (même si par ailleurs il se défend de
toute charge anti-Sarkozyste). La force du livre est d’être un texte
polyphonique, une mosaïque de personnages qui incarnent des valeurs différentes
et campent des positions dispersées autour du débat de l’amende honorable et
plus largement de la question des libertés. À l’instar du débat télévisuel
concluant la campagne présidentielle qui se joue à la fin du livre, et de
l’issue de laquelle dépend le sort de la République, chaque personnage a le
droit de se justifier durant un temps de parole équitable, sans qu’aucun
jugement n’émane directement de l’auteur. En découle une pluralité de voix qui
partagent avec le lecteur leurs motivations et leurs convictions, afin qu’il
puisse saisir les dilemmes moraux auxquels les personnages sont confrontés,
soit une galerie de portraits profondément habités par l’auteur, qui réussit à
faire passer dans la narration la manière de s’exprimer propre à chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si à aucun moment l’auteur ne se permet de juger l’un de ses personnages, il
est cependant clair, par l’empathie qu’il sait générer à propos de certains
d’entre eux, qu’il se place du côté de la justice, et non de la vengeance, du
droit, et non de la force, de la clémence, et non de la répression, de la
confiance enfin, et non du cynisme. Ainsi, dans la perspective de la
problématique rédemption de l’âme humaine, se redéfinissent les contours d’une
morale chrétienne centrée sur sa valeur cardinale : le pardon, et
potentiellement la grande force et la (seule) faiblesse du roman. Ainsi, les
plus belles pages du livre sont celles qui livrent le lyrisme poignant d’un
condamné à mort dont le seul crime aura été d’aimer une égoïste, ou d’un
gouverneur de forteresse chargé de l’application de l’amende honorable que sa
foi lui fait tenir en horreur : on touche dans ces pages à quelque chose de
proche du sublime, en ce sens où les tourments de l’âme sont transcendés par un
noble sentiment, d’autant plus noble qu’il est trempé dans la tristesse et le
désespoir les plus sombres. Que cela soit l’amour ou la compassion, ce
sentiment élève et déplace les conflits personnels sur une échelle des valeurs
plus éthérée, à l’aune de laquelle tout jugement est avant tout compréhension.
Mais ce haut sens moral que l’auteur entend défendre entre parfois en
dissonance avec le reste du texte, comme par exemple dans le débat télévisuel
entre politiques, trop consciencieux et appliqué par moments pour ne pas sentir
le prêche &lt;em&gt;boy-scout&lt;/em&gt; trop peu pragmatique pour être réaliste. Et
pourtant cela passe, car – même quand la tension entre le sens moral et la
triste réalité est maximale – l’auteur en est toujours conscient et atteint le
juste équilibre par le point de vue d’un autre personnage. L’exercice reste
maîtrisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maîtrise est surtout une maîtrise de la langue : Julien Capron écartèle
si bien cette dernière qu’il en fait naître une nouvelle, la sienne propre,
élégante et contournée, aussi délicate par moments qu’archaïque par d’autres,
répondant à une syntaxe et à un rythme particuliers, probables échos de
l’expérience théâtrale de l’auteur. Le résultat, pour un premier roman, est
impressionnant de cette maturité d’écriture nécessaire pour trouver sa voix.
Mais un livre n’est pas seulement une voix, c’est aussi une construction : là
aussi, Julien Capron étonne, notamment par des jeux typographiques au service
d’un agencement didascalique des niveaux d’écriture, imprimant au texte clarté
d’énonciation et (paradoxalement) économie de moyens. Ces jeux sont parfois
sollicités pour la construction en parallèle de séquences dont l’intensité
appelle un enchaînement rapide. Même si le résultat est parfois improbable, il
est souvent plutôt convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction du roman est scandée par les horaires de l’ordre de Cluny,
mimant ainsi symboliquement l’unité de temps du théâtre classique et conférant
au livre, par la répétition des prières, la grâce propitiatoire des oiseaux
noirs, mauvais augures sacrifiés à l’autel de l’espoir. Un grand talent en
devenir.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Amende honorable&lt;/em&gt;, de Julien Capron, Flammarion, 23 €.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/27/Crime-et-compassion#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/27/Crime-et-compassion#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.idiotduvillage.net/feed/rss2/comments/191485</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>On meuble, on meuble</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/14/On-meuble-on-meuble</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f6560a28ba81657592f12cb7abab5b67</guid>
    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 19:41:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Extraits</category>
        <category>Julien Capron</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Combien d'hommes qui ne soient le vestige inachevé et consentant de leurs
rêves et de leurs convictions ? On se dit que ces songes sont d'un autre âge.
On les décrète illusoires et puériles. On devient adulte par la destruction des
raisons qu'on s'était données de le devenir.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amende honorable, de Julien Capron, Flammarion, p. 215.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/14/On-meuble-on-meuble#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.idiotduvillage.net/post/2007/12/14/On-meuble-on-meuble#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.idiotduvillage.net/feed/rss2/comments/185777</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>