<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.idiotduvillage.net/feed/rss2/xslt" ?><rss version="2.0"
  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
  xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
  xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
<channel>
  <title>L'Idiot du Village - Vikram Chandra</title>
  <link>http://www.idiotduvillage.net/</link>
  <description>la littérature plongée dans la rumeur du monde</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 08 Jul 2008 17:15:46 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
  <generator>Dotclear</generator>
  
    
  <item>
    <title>Je préfère les bonsaïs</title>
    <link>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/04/21/Je-prefere-les-bonsais</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b9f36af820df55c7ce836e727821afc8</guid>
    <pubDate>Mon, 21 Apr 2008 23:00:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Thibault Malfoy</dc:creator>
        <category>Critiques</category>
        <category>Vikram Chandra</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La littérature anglaise se nourrit de l’import des anciennes colonies de la
Couronne. À la confluence de cette langue occidentale greffée à des cultures
locales et de l’inspiration protéiforme des auteurs qui émergent de cette
hybridation, on doit une bonne partie du dynamisme de la scène littéraire
anglaise, comme si les liens économiques qui unissent le Commonwealth sont
doublés&lt;br /&gt;
d’une identité littéraire commune, qui s’exprime selon des formes et sur des
sujets avec l’énergie que délivre cette véritable transfusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci pour les généralités. Voilà maintenant le dernier roman de l’Indien
anglophone Vikram Chandra : &lt;em&gt;Le Seigneur de Bombay&lt;/em&gt;. Vous n’avez pas pu
le louper : éditée par Robert Laffont, cette somme d’un millier de pages sur la
ville de Bombay est recouverte de cette couverture en lamé or du plus bel effet
bling-bling, avec vrais-faux impacts de balles pour le soufre du sensationnel.
Écrit en anglais (d’ailleurs, « investigate » se traduit par « enquêter » et
non « investiguer » !), le livre est émaillé de nombreux termes empruntés aux
différentes langues et autres dialectes qui cohabitent en Inde pour former
cette mosaïque aux accents bigarrés. Certains de ces termes font directement
référence à la culture indienne, les autres sont là pour faire « couleur locale
», comme les divers argots qu’emploient certains personnages selon leur
environnement social. Cela nécessite un retour incessant au glossaire en fin de
livre, ce qui devient vite fastidieux : on préfère continuer à lire d’après le
contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre fait référence au roi de la pègre locale dont un inspecteur de
police découvre le corps inerte après qu’il s’est suicidé dans son bunker.
S’ensuit une enquête dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie des
vingt-six millions d'habitants de la région de Bombay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour d’une intrigue haletante digne d’une série américaine, tournoie un
ballet de personnages (chorégraphie &lt;em&gt;made in&lt;/em&gt; Bollywood) donnant à voir
Bombay (partant l'Inde) dans tout ce qu’elle a de moins attrayant et de plus
vrai : corruption, criminalité, prostitution, discriminations raciales,
pauvreté et insalubrité des bidonvilles... L’auteur nous propose un parcours
touristique &lt;em&gt;underground&lt;/em&gt;, dans le Bombay des faunes interlopes et de
l’argent facile, des petites misères et des grandes injustices. Le panorama est
assez complet, on aimerait juste que le guide nous laisse plus de temps pour
flâner aux points d’arrêt et saisir la réalité et les personnages autrement
qu’à travers notre polaroïd et avec les doigts boudinés du touriste mal
dégrossi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hélas, Vikram Chandra livre ses personnages avec le mode d’emploi, cet index
des explications livrées clé en mains. Une explication signale toujours une
paresse de l’auteur qui, emporté par son intrigue, ne veut pas perdre le temps
de suggérer, selon la règle d’or du « show but don’t tell ». Et des
explications, il y en a beaucoup dans ce livre épais, tant et si bien que les
personnages dévoilent parfois leurs ficelles de marionnettes, et l’auteur
d’apparaître derrière le rideau de la scène, un panneau de sous-titres à la
main. Le raccourci devient une longueur et entrave le lecteur dans son désir
d’empathie envers les personnages. Et dire que l’auteur sort d’un atelier de
&lt;em&gt;creative writting&lt;/em&gt; ! Ce qui aurait tendance à confirmer un doute
personnel : il ne suffit pas de savoir bâtir une intrigue bien charpentée pour
écrire un livre qui aurait un tant soit peu de tenue littéraire. Peut-être
d’ailleurs qu’il s’agit moins de construction que de destruction : de nos
préjugés, de nos facilités, de nos paresses, des longueurs enfin. Écrire, c’est
choisir ; choisir, c’est élaguer ; un livre est un bonsaï. On voit que je
m’égare. Reprenons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis peut-être injuste : il y a par moments de belles phrases, des images
surprenantes (surprenantes car enchâssées dans une parure grossière), des
instants simplement saisis dans le vif, dans cet intervalle délicat qui sépare
l’éphémère de l’évanescent. Mais tout cela ne justifie pas le Hutch Crossword
Book Award 2006.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Le Seigneur de Bombay&lt;/em&gt;, de Vikram Chandra, Robert Laffont, 24
€.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/04/21/Je-prefere-les-bonsais#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.idiotduvillage.net/post/2008/04/21/Je-prefere-les-bonsais#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.idiotduvillage.net/feed/rss2/comments/232558</wfw:commentRss>
      </item>
    
</channel>
</rss>