C'est la rentrée
Par Thibault Malfoy le lundi 3 septembre 2007, 19:00 - Rentrée littéraire 2007 - Lien permanent
La rentrée littéraire, exception française
durant laquelle lire revient au goût du jour.
Cet événement, les médias l'annoncent, l'accompagnent et en célèbrent les couronnements successifs : les prix littéraires.
2007 voit se bousculer au pilon pas moins de 727 romans. Ce n'est pas nouveau, la surproduction sature en aval la chaîne du livre : les libraires, les lecteurs, pour qui les titres se télescopent les uns les autres en une mosaïque indigeste. La réception des textes en sort brouillée car on ne donne pas au livre le temps de trouver son public. Face au constat de la surproduction, deux types de discours : la déploration crépusculaire et l'enthousiasme béat, tout aussi consensuels l'un que l'autre.
Face à cet engorgement, la critique œuvre tant bien que mal et dessine les tendances de cette rentrée, propose timidement quelques regroupements thématiques. Elle tente aussi le délicat exercice du pari littéraire en émettant des pronostics hasardeux sur les succès "annoncés" (mais qui sera le hérisson 2007 ?), négligeant au passage la dimension intrinsèquement aléatoire de l'édition. Par ce travail, émergent de la gangue éditoriale quelques titres, des noms connus, parfois pas, de bonnes surprises et des déceptions. Encore trop pour tout lire, mais le tamis se resserre inexorablement sur les quelques pépites de notre choix.
Une rentrée littéraire, c'est aussi des polémiques stériles : Camille Laurens accusant Marie Darrieussecq de "plagiat psychique" (sic), Mazarine Pingeot pointée du doigt pour s'être inspirée de l'affaire Courjault pour écrire son dernier roman Le cimetière des poupées... et des querelles de critiques : le Vollmann - Central Europe - est-il un chef-d'œuvre ou une imposture ? A l'abri de rien, d'Olivier Adam, malgré un accueil très favorable par la plupart des critiques, est-il plus qu'un texte engagé et démagogue ? Le dernier Bégaudeau, Fin de l'histoire, manifeste féministe de qualité ou maniérisme d'arrière-garde ? Sans parler de L'aube le soir ou la nuit...
Bref, une rentrée littéraire habituelle, pour l'instant sans Bienveillantes à l'horizon.
(Photo : les frères Goncourt, bien sûr.)
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