En écho à un billet de Gilles Cohen-Solal sur le blog des Editions Héloïse d'Ormesson.

Les critiques parlent tous des mêmes livres, que cela soit à cause de la renommée de leurs auteurs, des polémiques qu'ils suscitent, de l'intérêt du public (il faut vendre des livres, mais aussi les magazines qui en parlent) ou tout simplement pour proposer ce que propose le voisin : un avis sur les livres du moment. Être dans le coup : la rentrée littéraire n'échappe pas à ce travers événementiel, et moi non plus d'ailleurs (cf. ma liste de la rentrée).

Et c'est peut-être d'autant plus criant pour la littérature étrangère. En effet, les livres qui nous arrivent en cette rentrée 2007 sont déjà passés entre les mains de la critique de leurs pays d'origine. Une première sélection a été faite, que les prix littéraires étrangers les plus prestigieux (Booker Prize, National Book Award) dominent avec ostentation. Les traductions débarquent donc - en différé - auréolées (et même précédées) de leur gloire outre-hexagonale. Dès lors, dans l'effervescence du buzz, il est facile de couronner ce qui l'a déjà été.

Le résultat s'observe dans les médias et les librairies : ce sont les mêmes livres qui sont mis en avant, encensés ou décriés, peu importe du moment qu'on en parle.

Ainsi, les quelques livres qui occupent actuellement la critique se retrouveront inévitablement sur les listes des prix littéraires, de par le battage médiatique qui les entoure. Est-ce à dire que ces livres sont sans valeur ? Que l'intérêt qu'ils suscitent est sans fondement ? Il y a des limites à la mauvaise foi et ne pas verser dans l'éloge dithyrambique mais complaisant tout comme dans la critique contemptrice (deux formes antagonistes d'expression du même snobisme) relève autant de l'exercice du funambule que de l'honnêteté la plus simple.

Avant toute chose : lire. On verra ensuite.