Blog & censure
Par Thibault Malfoy le samedi 6 octobre 2007, 10:54 - Blogosphère - Lien permanent

Cela commence par un billet inoffensif, puis se finit par le même, légèrement édulcoré d'une hypothétique charge subversive. Entre les deux, la fermeture temporaire du blog d'Anne-Sophie Demonchy, La Lettrine. Entre les deux, un hébergeur frileux qui obtempère à tout "abus signalé". Entre les deux, une "agence littéraire" qui n'a visiblement rien compris aux bases de la communication.
Pour avoir dénoncé une pratique inadmissible (la perception par l'agent littéraire de la petite somme de 900 € pour son travail, quel qu'en soit le résultat), Anne-Sophie Demonchy fut victime d'un chantage à la "procédure pénale" si elle ne modifiait pas le billet incriminé, avec entre temps fermeture du blog par l'hébergeur, réouvert sous la condition que ledit billet soit modifié.
En décodé, cela s'appelle de la censure et illustre les limites de la liberté de parole sur Internet, prise en tenaille entre des maniaques de la gâchette juridique et des hébergeurs qui n'ont aucunement envie de jouer un rôle de médiateur entre le plaignant et l'accusé.
Finalement, le billet a été réécrit, le blog réouvert. Mais, désormais, tout le monde est au courant.
Liens :
François Bon, le tiers livre : couperet sur la curieuse.
Mandor, Les chroniques de Mandor : Un blog bloqué... censure ?
Wrath, Wrath : Agence littéraire : prière de se taire.
Marc Pautrel, Ce métier de dormir : Une agence littéraire fait suspendre un blog.
B. Renaud, Tache aveugle : Silence, on arnaque.
tef, Lafeuille : Les blogs toujours sous la menace.





Commentaires
Merci Thibault : tu peux ajouter aussi La Feuille et Marc Pautrel (ce métier de dormir) parmi ceux qui relaient l'info.
J'ai noté pour Marc Pautrel, mais je ne vois rien sur Lafeuille.
Effectivement, le billet n'est pas encore écrit.
Nous avons toujours respecté l’opinion de chacun et ne sommes jamais intervenus sur un forum ou un blog, préférant consacrer notre temps à notre métier. Nous n’avons cependant jamais refusé le dialogue. L’article publié récemment un professeur de lettres sur son blog lalettrine.com nécessite cependant quelques précisions.
La liberté d’opinion existe et nous la respectons mais lorsqu’on intitule un article « nouvelle arnaque : l’agence littéraire » il est normal que celui dont on parle se sente insulté et diffamé. Il est tout aussi normal qu’il réagisse et rien ne lui impose de le faire sous la forme que souhaiterait l’auteur. Au cas d’espèce, l’hébergeur étant pénalement et civilement responsable des propos tenus, au même titre que l’auteur, il serait comme lui tenu le cas échéant de réparer le préjudice moral et financier causé. Il nous a donc semblé naturel de prévenir l’auteur et l’hébergeur de notre intention de saisir la justice avant d’engager la procédure.
L’hébergeur, ayant pris connaissance des propos, a librement décidé de suspendre le blog et l’a logiquement rouvert une fois l’article corrigé.
Il n’y a eu aucune « censure » : chacun a simplement pris ses responsabilités. Chacun peut aussi maintenir ses positions : la justice tranchera alors ce qui, dans un Etat de droit, est normal.
Nous avons également été vivement critiqués pour la nature de nos services et surtout nos conditions financières. Nous acceptons la critique et nous comprenons que pour des raisons financières ou idéologiques ils ne correspondent pas à l’attente de tous. Cela ne justifie pas le mépris et l’agressivité.
Sur le plan juridique, nous exerçons une activité d’agent littéraire en toute légalité. En France, la libre entreprise est la règle, ainsi que la liberté des prix. Aucune réglementation ne nous impose un mode de rémunération particulier. Il est vrai que l’usage chez les agents littéraires est de se rémunérer exclusivement sous la forme d’une commission sur les droits perçus par ses auteurs. Nous ne l’avons jamais contesté. Il faut toutefois préciser que :
- rien n’interdit de changer le mode de rémunération, les clients restant naturellement libres de refuser la collaboration
- les agents littéraires travaillent presque exclusivement pour des auteurs déjà édités : sa commission porte également sur les livres qui sont déjà en librairie : l’auteur renonce donc à une partie de ses revenus pour rémunérer son agent. Son attente est souvent d’obtenir plus, ce qui peut passer par un changement d’éditeur
- certains agents littéraires sont également rémunérés par les éditeurs, ce que nous refusons pour éviter d’être en porte-à-faux avec l’auteur pour qui nous travaillons lorsque ses intérêts et ceux de l’éditeur sont divergents
Sur le plan des principes moraux, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Lorsqu’on prêche la liberté d’opinion, il faut cependant accepter que d’autres puissent avoir un avis différent. L’insulte et l’affirmation d’une opinion sur le ton de l’évidence sont une manière de vouloir imposer son point de vue. Voici le nôtre, étant précisé que nous respectons les autres :
- sur la nature de nos prestations
Nous proposons aux auteurs non encore édités que nous retenons après avoir pris connaissance de leur(s) manuscrit(s) de commencer la collaboration en nous chargeant de la recherche d’un éditeur diffusé en libraire. Les auteurs qui nous contactent ne veulent pas s’en charger, n’ont pas le temps de chercher un éditeur ou ne s’en sentent pas capables. Ils ont souvent déjà été refusés par des éditeurs et se sentent dans une impasse avec comme seule alternative l’édition à compte d’auteur. Si un auteur souhaite être édité à compte d’auteur, il n’a pas besoin de nous. S’il persiste à vouloir trouver un éditeur qui le diffusera en librairie et se chargera de la promotion, qu’y a-t-il de critiquable à ce qu’il confie cette tâche à un prestataire ? Et qu’y a-t-il de critiquable à proposer et accepter cette mission ? Bien entendu, la nature et la limite de nos prestations sont précisées sur le contrat proposé que l’auteur reste libre de refuser.
- sur nos conditions financières
L’auteur ne percevant pas encore de droits d’auteur, nous demandons une rémunération minimale de 900 euros. Nous sommes conscients que c’est une somme importante pour un particulier mais le travail à effectuer l’est également et nécessite du temps. Quiconque a cherché un éditeur le sait. N’est-il pas normal de rémunérer un prestataire auquel on fait librement appel ? Un avocat se fait rémunérer même s’il perd son procès tout comme un professeur qui donne des cours particulier se fait généralement payer à l’heure et non en fonction des progrès de son élève. De même, les vendeurs perçoivent une rémunération minimale même s’ils ne vendent rien. Aucun vendeur n’accepte de travailler sans une rémunération minimale garantie, ce qui ne signifie pas qu’il ne croît pas en son produit.
La logique qui consiste à s’indigner qu’un prestataire demande à être rémunéré nous heurte. Le raisonnement qui consiste à essayer d’imposer le mode de rémunération habituel à l’égard d’un auteur qui est déjà en librairie (donc garant d’une rémunération) aux missions rendues aux auteurs qui ne sont pas édités nous heurte également. C’est faire l’amalgame avec les agents artistiques, à qui la loi interdit toute forme de rémunération autre que la commission, ce qui est normal parce que leur mission consiste pour l’essentiel à chercher du travail à leurs artistes. Il est normal que cette réglementation ne s’applique pas à nous : nous n’intervenons que pour des œuvres littéraires : il ne s’agit pas de trouver du travail mais de vendre les droits d’exploitation d’un produit qui existe déjà.
Nous aimerions tous ne payer nos vacances que s’il fait beau ou en fonction de la température qu’il fera mais nous doutons que ce modèle économique soit viable pour les agences de tourisme…
Enfin, nous remarquons que ceux qui critiquent ne proposent pas aux auteurs de solution alternative et gratuite.
Bonjour à tous,
J'ai moi même été victime de l'agence littéraire, et plusieurs autres auteurs comme moi. Actuellement, trois plaintes ont été déposées, et certains n'ont pas eu peur d'aller à la gendarmerie. Je crois même savoir qu'une plainte a été déposée conjointement par trois victimes en meme temps.
Si vous souhaitez vous faire éditer, méfiance, et faites attention aux escroqueries.
Yves LEFORT - yves.lefort@free.fr
"nous la respectons mais ..."
Tout est dit, allez faire votre pub ailleurs, de toutes façons, vous êtes grillés !
Bonsoir à tous,
L'affaire prend une tournure plus intéressante.
A la suite de mes messages désespérés, j'ai rencontré plusieurs auteurs. Des actions en justice sont en cours, et les dossiers sont plutôt solides.
Merci pour votre tribune.
Yves Lefort
yves.lefort@free.fr
Bonsoir à tous,
L'affaire prend une tournure plus intéressante.
A la suite de mes messages désespérés, j'ai rencontré plusieurs auteurs. Des actions en justice sont en cours, et les dossiers sont plutôt solides.
Merci pour votre tribune.
Yves Lefort
yves.lefort@free.fr
Celui qui a fait condamner l’agence littéraire, et dont vous cherchez l’identité, c’est :
Albert BENESTI
C’est par l’intérmédiaire de son cabinet d’avocat qu’il a obtenu la condamnation de l’agence littéraire.
M.C. BROS Avocat.
64 Rue de Rennes
75006 PARIS)
Toutefois, il n’est jamais parvenu à récupérer ses sous, les deux responsables de l’agence littéraire ayant organisé leur insolvabilité.
Une action est toujours en cours, et rien n’empêche toutes les victimes de déposer une plainte simple, en envoyant copie du PV de dépot de plainte au procureur de la République de Versaille, qui, à force de recevoir des plaintes, pourrait bien décider de poursuivre …
Ah, un détail …
TdB éditions est la boite crée par Emmanuel AVED de MAGNAC …
Donc voici le schéma :
On tape 900 Euros à chaque auteur pour la recherche d’un éventuel éditeur.
On trouve miraculeusement TdB éditions,
TdB éditions édite le bouquin, moyennant une participation de l’auteur (aucun réseau de distribution bien sur, tout en vente directe par internet)
Et d’une pierre, deux coups !
Moi je trouve qu’ils sont forts à l’agence littéraire. Ils ont inventé le fusil à deux coups !
1- J’t’en file une première, à 900 Euros, avec Alessandrini
2- j’t’en file une seconde, une édition à compte d’auteur, avec De Magnac !
Félicitations messieurs.
Voici les coordonnées des victimes, vous n’avez qu’à toutes les contacter, et vous en saurez plus sur nos bons amis !
[EDIT : les coordonnées ont été supprimées, cf. commentaire suivant...]
A part ceux qui ont peur (si si, les menaces sont réèlles dès que vous tentez de faire respecter vos droits), sinon les autres vous donneront des informations intéressantes.
JE SUIS TRES ETONNEE D AVOIR MON EMAIL SUR VOTRE SITE, EN AUCUN CAS JE NE SUIS CONCERNEE PAR CETTE AFFAIRE. JE VOUS REMERCIE D ENLEVER MON EMAIL DE VOTRE SITE SOUS PEINE DE POURSUITES
Effectivement, le billet n'est pas encore écrit.