C'est toujours plus dur la première fois
Par Thibault Malfoy le mardi 22 janvier 2008, 21:11 - Cogito - Lien permanent
De ses vocalises, le jeune écrivain (qui par ailleurs peut être vieux, là n’est pas la question) tire un matériau brut et baroque que l’expérience n’a pas encore poli. Et c’est peut-être là toute sa force, puisqu’il donne sans se soucier de l’avis du public qu’il n’a pas encore.
Bien sûr, cela
présente quelques imperfections : l’éponge qu’est tout auteur dégorge pour la
première fois tout ce qu’elle a emmagasiné ; la digue cède. Et surviennent
alors les vagues du lyrisme mal contenu, sur lesquelles surfent les références
littéraires appelées en renfort, sait-on jamais, au cas où on ne nous prendrait
pas au sérieux. Sont ainsi convoquées au chevet de l’auteur les figures qui ont
nourri de leur encre son imaginaire encore immature et que sa faiblesse de
prématuré ne saurait faire taire pour le moment. Ces spectres seront les
tuteurs qui guideront sa main dans les moments de doute.
Un premier roman, c’est donc aussi l’occasion d’accepter un héritage, avec toutes les dettes que cela comporte. Passage de témoin incontournable : on ne saurait écrire sans avoir rien lu au préalable.
Commentaires
Oui.....et non, en fait.
Peut-être avez vous lu ce qui se dit là :
http://table-rase.blogspot.com/2008...
c'est très intéressant et ça montre bien le peu de recul que l'on peut avoir sur une oeuvre. Observée a posteriori, on la voit bien différemment...autant vous dire que je me sens bien sûr très proche de cette idée de polymathie. Et si ce que l'on prend pour de la maladresse était en fait une forme différente d'adresse...et si c'était plutôt la lecture qui était maladroite ???? Allez savoir...
J'avais lu en effet le billet de Fausto... et je suis d'accord dans le cas des auteurs postmodernes qu'il évoque. Mais pour tous les autres, les "seulement" modernes et les classiques, il n'en va pas de même.
Prenons un exemple d'auteur français bien connu de tous : Frédéric Beigbeder. Pas un livre sans qu'il ne nous tartine ses citations, que je vois difficilement s'insérer dans une quelconque "polymathie". Ici, point d'exégèse, ni d'érudition à la Borges, matrice de tout un univers... seulement un adolescent attardé dans ses lectures et qui montre ses laissez-passer (est-il trop timide pour se hisser parmi ses idoles ?).
Sinon, le concept de polymathie est passionnant et permet d'envisager la lecture et la compréhension d'une œuvre d'une tout autre manière.