L'Idiot du Village

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 2 janvier 2008

L'édition numérique s'affirme

Cette nouvelle année voit le lancement de publie.net, site d’édition numérique proposé par le tiers livre de François Bon. D’ores et déjà, près de 50 textes d’auteurs contemporains de langue française sont disponibles au téléchargement, proposés au format PDF et pour certains, iPhone et balladeurs. Le paiement se fait par carte bancaire (sécurisé par le système PayPal). Tarif unique de 5€50 ou 1€30 pour formes brêves. Tout cela vous est expliqué dans le mode d'emploi.

Il s'agit d'un projet coopératif lancé par François Bon et ouvert à tous (lire à ce propos la lettre aux auteurs), à concevoir donc comme un espace de diffusion via Internet et les formats numériques. En ce qui concerne la rémunération des auteurs, la moitié du montant de la vente revient à l'auteur, l'autre à la structure éditoriale, dont le but n'est pas le profit, mais simplement d'assurer et de garantir le cadre nécessaire à la diffusion des textes.

Je vous encourage de lire à ce sujet l'analyse pertinente de Virginie Clayssens sur son blog teXtes.

mercredi 5 décembre 2007

Littérature portable made in Japan

La liste des meilleures ventes de livres au Japon est occupée cette année par des mobile novels, ces romans publiés et lus sur des écrans de téléphones portables, et pour certains écrits avec. C'est Times qui nous avertit et se fait l'écho du désarroi de la critique littéraire japonaise : "The fact that young readers are being exposed to immature expressions and stunted vocabulary will accelerate illiteracy and dammage their ability to express themselves." - de toute manière on va tous crever !

Le public visé est en effet jeune : autour de vingt ans. Le format imposé condamne les textes à être scindés en de courts fragments téléchargeables sur un portable depuis Internet, à lire en trois minutes entre deux stations de métro. Le résultat semble ne pas être très littéraire : "I'm short, I'm stupid, I'm not pretty, I'm rubbish, and I've got no dreams." (extrait du numéro un des ventes au Japon, Love Sky, de Mika) - et nous qui nous plaignions de notre littérature !

Cependant, à ses origines, le roman lui-même était perçu comme une forme d'expression populaire. (L'art est un lent anoblissement du trivial.) Même ainsi formatée, la littérature pour téléphones portables n'est limitée que par son manque d'ambition : qu'elle pense à s'élever, qu'elle oublie son public, et alors c'est à des romans ramassés en haïkus qu'on aura droit. Ce qui est mieux.

(Photo : Laurent d'Ursel.)

vendredi 12 octobre 2007

Suite de l'affaire Demonchy

L'affaire de la censure de La Lettrine continue de faire parler d'elle, aujourd'hui sur France Info au micro de David Abiker, ainsi que sur BibliObs. Cela pourrait bien devenir un cas d'école pour la blogosphère.

samedi 6 octobre 2007

Blog & censure

Cela commence par un billet inoffensif, puis se finit par le même, légèrement édulcoré d'une hypothétique charge subversive. Entre les deux, la fermeture temporaire du blog d'Anne-Sophie Demonchy, La Lettrine. Entre les deux, un hébergeur frileux qui obtempère à tout "abus signalé". Entre les deux, une "agence littéraire" qui n'a visiblement rien compris aux bases de la communication.

Pour avoir dénoncé une pratique inadmissible (la perception par l'agent littéraire de la petite somme de 900 € pour son travail, quel qu'en soit le résultat), Anne-Sophie Demonchy fut victime d'un chantage à la "procédure pénale" si elle ne modifiait pas le billet incriminé, avec entre temps fermeture du blog par l'hébergeur, réouvert sous la condition que ledit billet soit modifié.

En décodé, cela s'appelle de la censure et illustre les limites de la liberté de parole sur Internet, prise en tenaille entre des maniaques de la gâchette juridique et des hébergeurs qui n'ont aucunement envie de jouer un rôle de médiateur entre le plaignant et l'accusé.

Finalement, le billet a été réécrit, le blog réouvert. Mais, désormais, tout le monde est au courant.

Liens :

François Bon, le tiers livre : couperet sur la curieuse.

Mandor, Les chroniques de Mandor : Un blog bloqué... censure ?

Wrath, Wrath : Agence littéraire : prière de se taire.

Marc Pautrel, Ce métier de dormir : Une agence littéraire fait suspendre un blog.

B. Renaud, Tache aveugle : Silence, on arnaque.

tef, Lafeuille : Les blogs toujours sous la menace.